Qui est donc le « Prince de l’empire de Perse » dont parle la Bible?

NDLR: Une intéressante étude de notre frère Michel Pons, pasteur à la retraite.

QUI EST DONC LE PRINCE DE L’EMPIRE DE PERSE ? « … Or le Prince de l’empire de Perse m’a tenu tête durant vingt et un jours … » Daniel 10, 13

Pourquoi s’interroger bibliquement sur le Prince de l’empire de Perse ? Encore une fois, les vieux démons de l’antisémitisme et l’annonce d’un nouveau génocide programmé du peuple d’Israël repartent à l’assaut avec une violence inouïe et un objectif sans fard : le rayer de la carte et détruire définitivement ce peuple que Dieu s’est choisi et dont la fidélité envers son Seigneur reste – pour l’instant – encore toute relative. Alors que 20.000 juifs vivent en Iran, les propos de l’actuel président de la République ne souffrent d’aucune ambiguïté. Ils résonnent d’une manière lugubre dans la mémoire collective des nations et s’inscrivent déjà en lettres de sang dans l’histoire contemporaine juive. Hélas, tout cela n’est pas nouveau. Déjà aux époques du Prophète Daniel et de la Reine Esther, les israélites se trouvaient confrontés à cette horreur. Se pose alors une question : – Le premier magistrat de la république iranienne serait-il la personnalisation, voire « l’incarnation » du Prince de l’Empire de Perse ? Répondre à cette question n’est pas aisé. Selon les Saintes Ecritures, nous pouvons, sinon identifier physiquement le Prince de l’empire de Perse, du moins nous pouvons spirituellement en cerner les contours et la réalité parce que le monde céleste est la « matrice » du monde terrestre.

Sur les quelque 56 textes – sauf erreur de ma part – faisant référence à Elam autre nom de la Perse antique (18) et la Perse (38), seul le Prophète Daniel (Dn 10, 13 ; 10, 20-21) mentionne explicitement le Prince de l’empire Perse. Alors qui est-il ? Quels sont les liens existant entre la Perse et lui ? Quelle est sa personnalité ? Quelle est sa mission ? Brièvement, essayons d’apporter quelques éléments de réponses.

Quels sont les liens entre le Prince de l’Empire de Perse et la Perse ? Il y a, en général, un rapport étroit entre un espace géographique, une population humaine et la réalité spirituelle qui les sublime. C’est la relation, souvent étroite, entre ces trois réalités qui donne sens au nom. Pour bien comprendre, prenons deux exemples tiré du vocabulaire Tamajeq (la langue des Touaregs). Ainsi « la montagne des esprits méchants“ est nommée adrar n’essouf ; et lorsque dans une guelta l’eau est inconsommable on lui donne le nom de aman n’djnoun, « l’eau des diables ». Il en est de même pour la relation du Prince de l’Empire de Perse et la Perse. Il s’est approprié – du moins le Diable lui a donné en partage un espace physique et par voie de conséquence toute l’autorité qui va de pair avec l’histoire humaine. La Perse se dit en hébreu comme en araméen pâras. Le mot pâras a plusieurs sens. Il veut dire fendre, sabot, qui peut être compris comme ce qui foule, piétine, écrase, qui « sabote ». Il veut aussi dire : rompre, partager et par extension diviser. Le troisième est nominal et s’applique à la réalité géographique, politique, culturelle et cultuelle du pays nommée la Perse. Sans pour autant en tirer des conclusions définitives nous pouvons faire déjà quelques rapprochements.

Quelle est la personnalité du Prince de l’empire de Perse ? Par le Prophète Daniel nous savons qu’il est une personne intemporelle. Car s’il s’agissait d’une personne temporelle, physique, de chair et de sang, ce serait un contre-sens majeur. Jamais un prince (sar en hébreu) ne peut se situer dans la hiérarchie humaine au-dessus un roi (mêlek en hébreu et en araméen), comme le précise la chronologie du verset 8 du chapitre 9 : « A toi, Seigneur la justice, et à nous la honte sur la face, à nos rois, nos princes et nos pères parce que nous avons péché contre toi ». Il évolue dans autre monde que le nôtre. Le sien est fondamentalement spirituel. Il en résulte que sont dressés des ponts, des connexions, des liens entre ce monde spirituel et ses principautés, et le monde des humains. Le Prince de Perse exerce son autorité spirituelle sur le ou les territoires qui sont les siens et aux travers des humains qu’il a possédés, dans le sens de trompés ; et qu’il possède, dans le sens de propriété. Il s’agit d’un ange tutélaire qui assure la couverture spirituelle de « l’empire de Perse ». Mais il est plus que cela. Le Prince de l’empire de Perse est une puissance diabolique. Avec le Prince de la Grèce et d’autres encore (si vous souhaitez aller plus loin écoutez ou lisez le témoignage d’Anna Mendez dans son livre Ebranler les Cieux, édité chez Sotéria) il est agrégé à une société spirituelle dirigée par celui qui était le Chérubin étincelant et protecteur, Lucifer (cf Ezéchiel 28, 14 et ss). Lui qui se rebellant contre Dieu entraîne dans sa chute le tiers des anges du Seigneur. Ainsi le Prince de l’empire de Perse a fait allégeance au Diable, ce qui explique son opposition frontale avec le Prince Mikaël (10, 13 et 21) – qui est l’Ange tutélaire du Peuple de Dieu – et le messager divin l’ange Gabriel (8, 16 ; 9, 21). Le caractère et la personnalité du Prince de l’Empire de Perse se révèle pleinement au travers des comportements des humains qui sont sous sa coupe. Il est à l’œuvre par « anticipation » (alors que l’empire de Perse n’est pas encore à l’apogée de sa puissance avec Nabuchodonozor roi de Babylone) puis directement avec Cyrius avant qu’il ne change de décision et Haman avant d’être démasqué.

Quelle est la mission du Prince de l’empire de Perse ? Le Diable – qui détient le pouvoir de la mort (Hb 2, 14) – a trois priorités pour lesquelles il fait faire les basses besognes par « les Autorités, les Pouvoirs, les Dominateurs du monde des ténèbres ainsi que par les esprits du mal qui sont dans les cieux » (cf., Eph 6, 12). La première est l’anéantissement d’Israël qu’il confie au Prince de l’Empire de Perse et à l’esprit qui est le sien en s’infiltrant dans tous les systèmes totalitaires, religieux et xénophobes au cours des siècles, qu’ils soient : sidonien (1 Rois 16, 29, 33), grec, catholique romain (ou luthérien) relayés par des états séculiers, musulman, ou bien nazi… J’ouvre une parenthèse concernant cette première priorité. Le Diable monte parfois en première ligne et s’affronte avec le Seigneur. C’est ce que nous rapporte le Prophète Zacharie lorsque Josué est debout devant l’Ange de l’Eternel (certainement une Christophanie) et que le Diable l’accuse. Ce n’est pas à cause de ses péchés personnels, mais parce qu’il est Grand-prêtre et qu’il représente le Peuple d’Israël. Satan s’oppose à la miséricorde de Dieu qui le réprime : « L’Eternel te réprouve, ô Satan ! Oui il te réprouve, l’Eternel qui a élu Jérusalem .» (Zach 3, 1 et ss). Si lui, Satan le fait, il est évident que ses affidés combattent violemment les anges restés fidèles à Dieu et qu’ils connaissent bien, car ils les ont fréquentés avant la chute du Diable. La seconde priorité est l’entraînement de tous les hommes dans la perdition en laissant trafiquer l’esprit de Babylone (Ap. 18) et de Mamon (Mt 6, 24 ; Luc 16, 9-13) La troisième priorité est la destruction de l’Eglise de Jésus-Christ dont il charge le Prince de Grèce avec le développement des philosophies où la construction des hypothèses et le raisonnement remplacent l’intelligence de la foi et l’obéissance au Seigneur Jésus.

Pour résumer et conclure très provisoirement. Le Prince de l’empire de Perse est un archange très haut placé dans la hiérarchie satanique. Sa mission est le suivi de la destruction d’Israël. Il n’a aucune puissance par lui-même mais il la tient directement de Satan. Il reste très souvent dans l’ombre et ce n’est que lorsque certains paroxysmes sont atteints que l’on voit son œuvre. D’où la nécessité pour celles et ceux qui se réclament du Seigneur Jésus d’avoir assez de sagesse et de discernement pour savoir comment l’affronter et assez de ténacité pour intercéder continuellement « dans les larmes et la cendre » afin que le Seigneur protège Israël. Une question reste en suspens : « Quels sont les liens entre le Prince de l’empire de Perse et l’esprit qui anime l’actuel président iranien ? ». Il y a un héritage évident. Bien que l’islam shi’ite – comme l’islam sunnite – soit une religion de perdition, elle n’est qu’un canal (peut-être le principal). Quand on regarde l’histoire de la Perse depuis l’apogée de l’empire perse au VI° siècle avant Jésus-Christ, nous nous apercevons que l’esprit du Prince de l’empire de Perse est toujours présent soit d’une manière ostentatoire (quand les souverains reprenant le titre des anciens empereurs perses du VI° siècle en se faisant appelé « Roi des rois » comme les Palhavi, 1963-1979) soit d’une manière plus agressive (quand sont repris les compréhensions apocalyptiques du shi’isme (1501) de la venue du Ma’ahdi caché 1979- 2007). Pour clore provisoirement mon propos je ferai un rappel et un appel. Le rappel : les iraniens ne sont pas des arabes mais des aryens (des blancs comme vous et moi, pour faire court). C’est peut-être pour cela que dans les temps passés ou bien plus proches, le Prince de l’empire de Perse trouva tant de facilités dans les pays occidentaux. L’appel : Veillons, prions et agissons. Veillons sur notre disponibilité envers le Seigneur afin de ne pas nous endormir dans un doux ronron. Prions pour le peuple du Seigneur et pour tous les peuples qui sont sous l’emprise de l’islam. Agissons avec l’amour de Jésus afin que nos actes honorent notre Père céleste et que le Saint Esprit confirme ce nous proclamons. M.P. Pranles 30.01.07

 

M. Pons