Bible et homosexualité

L’article qui suit est une sorte de compilation des textes bibliques en rapport avec l’homosexualité accompagnée de quelques commentaires. La mention directe d’homosexualité n’apparait guère plus de six fois (voir les citations sur fond jaune ci-dessous), mais d’autres mots englobent cette notion. 

Pour comprendre la sexualité selon la Bible, il faut retourner à l’origine de l’humanité. Le premier mariage pose les bases sur lesquelles l’ensemble de la révélation biblique construit. « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair » (Genèse 2.24). La sexualité, dans le plan originel de Dieu, se conçoit uniquement dans le cadre du mariage d’un homme avec une femme. La rupture qui s’est opérée entre ce couple et Dieu, suite à leur désobéissance, engendre un dérèglement profond. De nombreuses perversions apparaissent (violence, meurtre, polygamie, inceste…). Ce n’est qu’à partir du récit de Sodome et Gomorrhe que la mention explicite de l’homosexualité est faite.

Au temps des patriarches
Genèse 19.24-28 décrit la destruction de ces villes de Sodome et Gomorrhe :

« Et l’Eternel dit : Le cri contre Sodome et Gomorrhe s’est accru, et leur péché est énorme. » Gen 18.20
« Ils n’étaient pas encore couchés que les gens de la ville, les gens de Sodome, entourèrent la maison, depuis les enfants jusqu’aux vieillards ; toute la population était accourue. Ils appelèrent Lot, et lui dirent : Où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit ? Fais-les sortir vers nous, pour que nous les connaissions« . Gen 19.4-5

Le verbe « connaître » utilisé ici, a le sens évident de relations sexuelles (comme dans la relation d’Adam et Eve en Gen 4.1). L’une des raisons principales du jugement de Dieu sur ces villes de Sodome et Gomorrhe était la gravité des péchés de ses habitants, en particulier dans le domaine sexuel. L’homosexualité est réprouvée dans ce chapitre, elle fait partie de ce « péché énorme » condamnée par Dieu en Gen 18.20. Le mot « sodomie », utilisé encore aujourd’hui, tire son origine de ce récit biblique.

Dans la Loi de Moïse
En Lévitique, il est écrit :

« Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination« . Lévitique 18.22
Le contexte de ce passage explique les raisons pour lesquelles Dieu donne le pays de Canaan aux Israélites. En effet les occupants précédents étaient coupables de péchés graves. Avec la zoophilie (rapports sexuels avec un animal), l’homosexualité est l’un de ces péchés (voir Lévitique 18.22-25).

Un autre texte fondamental se trouve dans le chapitre 20 :

« Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux« . Lévitique 20.13
Ce passage est le plus radical de la Bible. D’autres péchés étaient passibles de mort comme le meurtre, l’adultère, certaines formes d’occultisme, une insolence exagérée d’un enfant vis-à-vis de ses parents… Il faut aussi reconnaître que la grâce était déjà, en partie, présente dans l’Ancien Testament. Plusieurs croyants « méritant » la peine capitale pouvaient y échapper. Ainsi le roi David, après son adultère avec Bathshéba et le meurtre qu’il a accompli pour camoufler sa faute, ne subira pas la mort (très probablement à cause de son attitude de profonde repentance). Malgré cela, ce texte de Lévitique 20.13 condamne sans réserve la pratique de l’homosexualité.

Le Nouveau Testament
La condamnation du péché est différente dans la Nouvelle Alliance. D’une part, on pourrait dire qu’elle est encore plus radicale et en même temps plus « empreinte de grâce ».

Sa radicalité vient de ce que le Nouveau Testament accentue non seulement l’acte, mais aussi l’accomplissement en pensée. Par exemple, à propos de l’adultère, Jésus dit dans le Sermon sur la Montagne : « Vous avez entendu qu’il a été dit: Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien, moi je vous déclare: tout homme qui regarde la femme d’un autre en la désirant a déjà commis l’adultère avec elle en lui-même. Si donc c’est à cause de ton oeil droit que tu tombes dans le péché, arrache-le et jette-le loin de toi : il vaut mieux pour toi perdre une seule partie de ton corps que d’être jeté tout entier dans l’enfer« . Mat 5.27-29.

D’autres parts, le Nouveau Testament (ou Nouvelle Alliance) est l’alliance de la grâce. Jean écrit : « La loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » (1.17). Par exemple, lorsque la femme adultère est prise en flagrant délit, Jésus dit à ceux qui voulaient la lapider : « – Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. .. Quand ils entendirent ces mots, ils partirent l’un après l’autre, les plus âgés d’abord. Jésus resta seul avec la femme, qui se tenait encore devant lui. Alors il se redressa et lui dit : – Eh bien, où sont-ils? Personne ne t’a condamnée? – Personne, Maître, répondit-elle. – Je ne te condamne pas non plus, dit Jésus. Tu peux t’en aller, mais désormais ne pèche plus« . Jean 8.7-11

Notons l’équilibre étonnant de ces paroles. Jésus met en avant le pardon qu’il vient accorder (le reste du Nouveau Testament insiste lourdement sur la vie de Jésus-Christ offerte à la croix pour nos fautes afin de nous accorder son pardon ; Jean-Baptiste disait, dès la première fois qu’il le voit : « Voici l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » Jn 1.29). Et en même temps, Jésus fait comprendre à la femme adultère qu’elle ne doit plus recommencer.

Les Epîtres de Paul
a) Paul a écrit à l’Eglise de Corinthe :

« Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les homosexuels, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu« . 1 Corinthiens 6.9-10
La ville de Corinthe était réputée dans l’Empire Romain pour la démesure de son immoralité. L’apôtre Paul y fonda une Eglise. La pression de la corruption ambiante atteignait ces chrétiens de Corinthe. Un certain nombre d’entre eux n’avaient pas réellement coupé avec leur vie de débauche. Paul doit hausser le ton dans cette épître et faire comprendre qu’un chrétien ne doit pas jouer avec ces dérèglements mentionnés. Deux mots ont un rapport avec les troubles homosexuels. Le premier « efféminés » (« malakos » en grec) signifie : « doux, précieux au toucher », et par extension « efféminé » ou, dans un sens négatif, ce mot désignait « la prostitution masculine » » ou « le fait de se soumettre à des obscénités contre nature ». Le deuxième mot traduit par « homosexuels » ou « infâmes » est « arsenokoites » (« arsèn » : mâle ; « koitès » : lit) et il signifie : « un homme qui couche avec un autre homme » et aussi tout comportement homosexuel.

Le Nouveau Testament n’a pas réellement modifié son appréciation de l’homosexualité par rapport à l’Ancien Testament. Il s’agit d’un comportement désapprouvé catégoriquement dans l’ensemble de la Bible. Ce texte de Paul le met au même niveau que l’ivrognerie, l’adultère, le vol, l’idolâtrie… En persistant dans ces déviations, Paul explique aux Corinthiens qu’ils ne pourront avoir part au Royaume de Dieu. Dans ses lettres, Paul décrit la « grâce » et le pardon comme personne ne l’a fait, néanmoins, cette grâce n’encourage pas à poursuivre dans le désordre, mais au contraire à changer de comportement : « Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée, nous enseignant à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, pour vivre en ce siècle présent dans la réserve, la justice et la piété » Tite 2.11-12,

b) Un autre texte mentionne l’homosexualité en utilisant à nouveau le mot « arsenokoites » (traduit selon les versions par « infâmes », « homosexuels’, « pédérastes »…) :

« Nous n’ignorons pas que la loi est bonne, pourvu qu’on en fasse un usage légitime, sachant bien que la loi n’est pas faite pour le juste, mais pour les méchants et les rebelles, les impies et les pécheurs, les irréligieux et les profanes, les parricides, les meurtriers, les impudiques, les homosexuels, les voleurs d’hommes, les menteurs, les parjures, et tout ce qui est contraire à la saine doctrine, – conformément à l’Évangile de la gloire du Dieu bienheureux, Évangile qui m’a été confié« .
1 Tim 1.9-10

Paul donne des conseils à Timothée, son fils spirituel. Bien que le chrétien n’est plus sous la Loi à cause de la victoire de Jésus-Christ à la croix, cette Loi de Dieu reste un repère pour le croyant. Dans l’idéal, Paul explique que ce repère serait inutile pour celui qui vit en relation étroite avec le Christ et qui accomplit sa volonté. Mais dans la pratique ce repère est un moyen de se situer dans l’accomplissement élémentaire de la volonté de Dieu. A nouveau Paul met l’homosexualité au même niveau que d’autres déviations, encourageant à renoncer catégoriquement à ces pratiques.

c) En Romains 1.28-38, l’apôtre Paul donne certains éléments sur l’énigme du mal et sur la genèse des comportements pervers. Il décrit la colère de Dieu dirigée contre ceux qui refusent d’honorer leur Créateur en Lui substituant de faux-dieux. Paul souligne aussi les conséquences :

« C’est pourquoi Dieu les a livrés à l’impureté, selon les convoitises de leurs coeurs ; ainsi ils déshonorent eux-mêmes leur propre corps ; eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui est béni éternellement. Amen ! »
« C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes : car leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement.  » Romains 1.24-27

Trois fois, nous lisons l’expression « Dieu les a livrés » (v. 24, 26, 28). Quand les personnes choisissent de rejeter Dieu, il « les laisse obtenir ce qu’elles désirent ». Une spirale infernale commence. Elle aboutit à un dérèglement progressif, passant par une immoralité hétérosexuelle pour certaines personnes, telle que l’adultère ou le sexualité hors mariage ; pour d’autres, c’est le chemin de l’homosexualité. Chose étonnante, cet engrenage conduit à récolter en son propre corps les conséquences du rejet de Dieu. Il faudrait être naïf pour ne pas voir dans certaines maladies sexuellement transmissibles un rapport avec ce verset.

Conclusion
La Bible ne condamne pas nécessairement les « tendances » homosexuelles, dont la personne n’est pas maîtresse. Mais elle s’oppose à l’accomplissement de ces tendances en pensée ou en œuvre.

Plus que mettre le doigt sur une seule déviation, la Bible dévoile la corruption profonde de l’être humain. Elle nous invite à découvrir une vie nouvelle dans une relation vivante avec Dieu, relation rendue possible par la « grâce manifestée en Jésus-Christ » et par notre décision à renoncer à une vie non conforme à la volonté de Dieu. Elle encourage à trouver dans le Christ et dans la puissance de l’Esprit une force pour lutter contre nos penchants mauvais : « Laissez le Saint-Esprit diriger votre vie et vous n’obéirez plus aux désirs de votre propre nature… Mais ce que l’Esprit Saint produit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi« . Gal 5.16-22

Compilation réalisée par Reynald Kozycki