Cavalier des grands espaces contre télévangéliste

L’un se concentrait sur les gens, l’autre sur lui-même. L’un donnait librement, l’autre exige un prix. L’un était un serviteur, l’autre est une célébrité 

Dans ma recherche continue sur les « anciens puits du réveil », j’ai découvert certaines informations incroyablement contrastées. L’un des télévangélistes les plus connus de la nation a récemment été invité à prêcher à Baltimore, dans le Maryland. Les conditions de sa venue étaient: 1) Qu’on vienne le chercher à l’aéroport en limousine, 2) qu’on lui donne 1000 dollars d’argent de poche, 3) qu’on lui garantisse au moins 10000 dollars de dons. Ce même pasteur/télévangéliste vit dans un hôtel particulier de plusieurs millions de dollars, mange dans les restaurants les plus huppés et porte les costumes sur mesure les plus onéreux. Ses demandes écrites et orales ont permis de recueillir des millions de dollars. Il se vante d’être le modèle du message de prospérité de notre temps. Il dirige une méga-église, apparaît à la télévision nationale et internationale, a écrit plusieurs livres et des milliers de personnes viennent l’écouter. Donnons-lui le crédit qu’il est un orateur puissant et plein d’autorité. Cependant, comparez ceci avec la vie et le ministère de Francis Asbury, à la fin des années 1700 et début 1800, qui parcourait à cheval les grands espaces.

A moins de trente ans, l’évêque Francis Asbury quitta pour toujours sa maison et sa famille, en Angleterre pour aller dans une contrée sauvage, l’Amérique. Il devint évangéliste itinérant dans une nation ne possédant encore que peu d’infrastructures routières, d’habitations, d’hôtels, de restaurants, de conditions sanitaires, d’eau potable, de médecins et même de lois. La nation sortait à peine d’une violente guerre d’indépendance contre l’Angleterre, terre natale d’Asbury. La frontière américaine était également enflammée par la guerre entre colons et les tribus de natifs américains.

Lors de son arrivée, Asbury ne fut pas accueilli par une limousine. Il dût acheter un cheval, sur lequel il voyagea près de 10000 Km par an, pendants plus de 40 ans. Il gagnait 60 dollars par an, dont il donnait la majeure partie ou l’envoyait en Angleterre pour aider ses parents. Il portait des haillons, et non des costumes sur mesure. Il n’avait pas de retraite, pas d’assurance, pas de couverture dentaire, et pas 401 millions. Il ne prenait pas d’honoraires pour son ministère.

Ce qu’il recevait, il le redonnait la plupart du temps. Il voyageait sur des « routes » dans lesquelles son cheval s’embourbait souvent jusqu’aux genoux. Si une route n’existait pas, il guidait son cheval sur les sentiers pierreux, très pentus des Appalaches pour atteindre une communauté de pionniers. Plusieurs fois, ses pieds et ses jambes étaient en sang après une terrible journée. Lorsqu’il arrivait près d’une rivière sans pont ou ferry pour la traverser, il nageait vers l’autre rive avec son cheval. De nombreuses fois, il manqua se noyer dans un courant violent et traître. Les « hôtels » qu’il lui arrivait de fréquenter consistaient en une cabine au sol dur et sale, surpeuplée et infestée de rats, près de la frontière. Il dormait souvent dans les bois, à flanc de colline ou dans des caves trempées. Il voyageait parfois plus de 100km sans manger.

Les sentiers et les routes qu’il prenait étaient dangereux, peuplés de meurtriers, de voleurs, de loups, d’ours, de serpents venimeux et de bandes d’indiens en guerre contre les colons de la frontière. S’il rencontrait quelqu’un qui avait besoin d’un manteau, de nourriture ou d’argent, il prenait ce qu’il avait et le donnait à cette personne. Asbury cherchait les lieux cachés, oubliés de la jeune Amérique. Il voyagea depuis la Nouvelle Angleterre jusqu’au Midwest, et jusqu’au Sud profond, en répandant l’Evangile de Christ. Lorsqu’il rencontrait une personne malade, il la soignait avec les derniers médicaments qui lui restaient. Il ne demandait rien en échange de sa venue dans une communauté. Il ne demandait qu’à lui-même. Fréquemment, son corps était torturé par la douleur, la maladie, la fièvre, la faim et la faiblesse. Tout son être aspirait au repos et à de la nourriture. Cependant, son esprit dirigeait son corps. Même s’il se sentait incapable d’avancer, il enfourchait son cheval et chevauchait des heures durant sous des orages de neige aveuglants, des pluies torrentielles ou des chaleurs oppressantes.

Lui aussi fut invité à Baltimore. En 1816, il traversa la Virginie en chariot pour se rendre à la Conférence annuelle de Baltimore. Cependant, il était mourant. Il prêcha son dernier sermon à Richmond. On dût le porter dans la salle de réunion où il déclara: « Je suis trop faible pour marcher, mais pas pour prêcher ». On l’assit sur une petite table et il donna la Parole pour la dernière fois. Puis il parvint jusqu’à Spottsylvania, à une trentaine de km de Richmond, mais son corps s’affaiblissait rapidement. Il s’arrêta dans la maison d’un ami le samedi. Peu avant, il avait prononcé ces mots « Jésus est-Il précieux pour vous? ». Rassemblant les dernières forces qui lui restaient, le cavalier des grands espaces leva ses deux mains en signe de victoire. Quelques minutes plus tard, il laissa sa tête reposer sur la main d’un ami et glissa lentement vers le Seigneur. Il ne possédait ni hôtel particulier, ni terre, ni compte bancaire. Ses biens se résumaient à ce qu’il portait sur lui. Il fut enterré sur une concession empruntée à quelqu’un.

Lorsqu’Asbury arriva en Amérique, il y avait peu de croyants méthodistes et peu de prêcheurs. A la fin de son ministère, on comptait plus de 200.000 Méthodistes et presque 8000 pasteurs. Il avait influencé la vie de milliers et de milliers de personnes. Il avait changé le cours de l’histoire américaine. Parmi les convertis se trouvaient de pauvres fermiers, des marchands, des gouverneurs de plusieurs états, des douaniers, des esclaves, des indiens, des juges de la Cour Suprême de Justice, des avocats, des médecins, des mères de famille, des enfants, des jeunes et des gens de toute condition. Il avait donné tout ce qu’il possédait. Il ne recherchait rien pour lui-même. Sa passion était d’apporter le salut et la Lumière de l’Evangile à ceux qui se tenait dans les ténèbres du péché. Il aima la nation et la fit sienne bien qu’il n’en fût pas originaire.

Quel contraste entre le CAVALIER DES GRANDS ESPACES et le TELEVANGELISTE!

L’un était désintéressé, l’autre est égoïste. L’un se concentrait sur les gens, l’autre sur lui-même. L’un était bâtisseur de Royaume, l’autre bâtisseur d’empire. L’un attirait les âmes vers le Royaume de Dieu, l’autre attire les foules dans une arène. L’un demandait beaucoup à lui-même, l’autre demande de la part des autres. L’un donnait librement, l’autre exige un prix. L’un était un serviteur, l’autre est une célébrité.

Hébreux 11:32 à 38 mentionne les vrais héros de la foi. Ils … « vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l’épée, guérirent de leurs maladies, furent vaillants à la guerre, mirent en fuite des armées étrangères. Des femmes recouvrèrent leurs morts par la résurrection; d’autres furent livrés aux tourments, et n’acceptèrent point de délivrance, afin d’obtenir une meilleure résurrection; d’autres subirent les moqueries et le fouet, les chaînes et la prison; ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l’épée, ils allèrent ça et là vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités, – eux dont le monde n’était pas digne, – errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre. »

Combien de temps allons-nous encore tolérer le « syndrome de la superstar » au sein de l’église? Combien de temps allons-nous encore nourrir l’ego et les poches de ces charlatans qui ne cherchent qu’eux-mêmes, sans se rendre compte de ce qu’ils sont vraiment? Combien de temps allons-nous continuer à remplir leurs salles et acheter leurs CD, leurs DVD et leurs livres? Combien de temps allons-nous encore venir les chercher en limousine, et remplir leurs mallettes de milliers et de milliers de dollars pour leur plaisir personnel? Combien de temps allons-nous encore tolérer l’apostasie?

Mon Dieu, comme nous sommes tombés bien bas! Dieu nous appelle, nous Son Peuple, à nous repentir et à tourner le dos à nos mauvaises actions. Il nous appelle à rechercher Sa face. Je prie pour que Dieu renverse ce système religieux actuel perverti et accomplisse Jérémie 3:15, qu’il nous donne des bergers selon Son propre cœur…

Par Michael Edds