Pour en finir avec les mythes de ‘l’éco-catastrophisme’

« L’éco-catastrophisme » ne fait pas seulement le bonheur des médias, qui trouvent dans ses prédictions d’Apocalypse un ressort d’audience assuré.

Il ne fait pas seulement la fortune des producteurs d’images et des organisations “scientifiques” subventionnés pour soutenir le dogme.

Il fait aussi l’affaire, beaucoup plus lourde de conséquences sociales et politiques, des idéologues malthusiens de la décroissance. Au point que, depuis le Sommet de Copenhague, une alliance contre-nature entre l’écologie – science de la vie – et la “culture de mort” semble aujourd’hui scellée au plus haut niveau, dans une complète et tragique déraison.

Cette alliance menace directement – sans se cacher – toute la conception chrétienne du développement des hommes, dans le respect de la nature et de la vie, et avec elle l’avenir même de nos familles, de nos mœurs, de notre civilisation.

Explications…

– Le mythe des menaces imminentes de “surpopulation”

– Le mythe de l’épuisement des ressources “naturelles”

– Le mythe des dangers du “réchauffement climatique”

 

 

Le mythe des menaces imminentes de “surpopulation”

Prenez la population totale actuelle du globe terrestre : 6,8 milliards d’habitants. Regroupez-la par simple hypothèse de travail en un espace unique, dans la concentration exacte d’un habitant par mètre carré. Cette assemblée du genre humain n’occuperait alors que 99,7% du département de la Nièvre (6817 km2), qui ne représente lui-même que 0,0051% de la superficie totale des terres “habitables” de la planète (134 000 000 km2) ! Vous pouvez vérifier…

Poussons aux 9 milliards des projections établies par l’ONU pour le milieu du XXIe siècle, avant la décroissance également prévue dans les décennies suivantes. Notre meeting imaginaire s’étendrait alors sur un département français et demi : 0,0067% des terres “habitables”, selon la définition qu’en donnent les géographes. (Avec beaucoup de zones à assainir, reverdir et viabiliser, il est vrai, comme au bon temps des colonies…)

La notion même de surpopulation n’a donc aucun sens au niveau mondial, sauf à supposer que les taux de progression “géométrique” observés au XIXe et dans la première moitié du XXe siècle (principalement imputable à la baisse de la mortalité)

peuvent indéfiniment se reproduire, ce qui est contredit par les faits. Aujourd’hui, plus de la moitié de l’humanité vit dans une région du monde où la fécondité reste inférieure à 2,1 enfants par femme, taux nécessaire au remplacement des générations dans les pays développés. Et les populations de l’autre moitié sont en mouvement pour la rejoindre, aux rythmes (inégaux) de leur propre développement. Le vrai défi démographique mondial du XXIe siècle ne réside pas dans le nombre total des humains, mais dans leur vieillissement.

Certes, il existe encore dans le monde bien des famines et des injustices à combattre, bien des endémies à endiguer. Les grands gourous de l’éco-catastrophisme préfèrent parler de “surpopulation” :c’est le nom que ces riches donnent aux enfants des pauvres, aux dernières proliférations des pauvres, coupables de vouloir partager les ressources du monde avec eux.

“La pauvreté est souvent mise en relation, comme étant sa cause directe, avec la croissance démographique (…) L’élimination de millions d’enfants non-nés, au nom de la lutte contre la pauvreté, constitue en réalité la disparition des plus pauvres parmi les êtres humains. Face à cela, le fait est qu’en 1981, environ 40% de la population mondiale vivait au-dessous du seuil de pauvreté absolue, tandis qu’aujourd’hui ce pourcentage a diminué de moitié et que sont sorties de la pauvreté des populations que caractérise, entre autres, une forte augmentation démographique. (…) En d’autres termes, il apparaît que la population est une richesse et non un facteur de pauvreté.” (Benoît XVI, Message pour la Journée mondiale de la paix 2009.)

 

Le mythe de l’épuisement des ressources “naturelles”

 

Les ressources de la planète, dans l’idéologie malthusienne, sont dramatiquement limitées. L’éco-catastrophisme semble ici incapable de comprendre que toute l’histoire de l’humanité est faite d’innovateurs et d’entrepreneurs de génie qui ont passé leur temps à découvrir ou fabriquer des ressources nouvelles, permettant aux hommes de vivre mieux, plus nombreux, plus longtemps.

La notion même de ressource “naturelle” n’a pas grand sens pour qualifier le pétrole, connu depuis l’Antiquité comme une substance inutile, dangereuse et nauséabonde, jusqu’à ce que des hommes imaginent de le raffiner, pour en faire une source puissante d’éclairage, de chauffage et d’énergie… Elle en a encore moins dans la technologie du moteur à hydrogène qui fait si peur à l’industrie automobile et aux pétroliers, mais pourrait fournir à court terme (avec le véhicule électrique) une alternative au moteur à essence et à sa pollution… Elle n’en a presque plus dans le cas du silicium, tiré des inépuisables réserves de sable, qui sert à la fabrication des miniscules mémoires électroniques de nos ordinateurs et engendre des biens virtuels ou numériques démultipliables à l’infini…

Bref, il n’y a pas de limite à la croissance et à la diversification des ressources “naturelles” de la planète, parce qu’il n’y a pas non plus de limites à la réactivité et à l’inventivité de l’homme dans son environnement. L’éco-catastrophisme constitue en ce sens une négation pure et simple de toutes nos potentialités de progrès.

“La ressource principale, et même unique, de l’homme, c’est son intelligence et sa volonté libre, par lesquels se manifeste le plus explicitement sa ressemblance avec Dieu. Grâce à ces dons éminents, l’homme à la capacité d’améliorer constamment son rapport à la nature d’apporter aux éléments de celle-ci un surcroît de valeur, de transformer des

matériaux en biens, de mieux organiser la société. C’est faire injure à sa dignité que de présenter l’homme comme un consommateur prédisposé à détruire le milieu ambiant, ou comme un prédateur programmé pour défendre son espace vital.” (Michel Schooyans, Bioéthique et population : le choix de la vie, Le Sarment/Fayard 1994.)

 

Le mythe des dangers du “réchauffement climatique”

 

Le mythe le plus sournois est celui des menaces attribuées au réchauffement climatique (quelques dixièmes de degrés par an) et à la montée des océans (quelques milimètres par an). Sournois, parce qu’il repose sur des observations certaines, revisitées dans un système de causalités et de conséquences extrêmement fragile, voire dénué de tout fondement : le dogme qui fait de l’émission humaine de gaz “à effet de serre” la cause principale de ces transformations apparaît de plus en plus comme une imposture, promue par une idéologie raciste et eugéniste qui – contrairement à celle des Nazis – ne dit pas son nom.

L’évolution des températures sur notre planète est en réalité la résultante d’interactions complexes, où la teneur en vapeur d’eau (autre gaz à effet de serre) de la colonne d’air située entre le sol et la stratosphère mais aussi les fluctuations de l’activité solaire jouent un rôle déterminant. Les scientifiques qui rappellent cette complexité contre le dogme “monoCO2” de l’ONU et du GIEC sont extrêmement nombreux, mais seraient-ils minoritaires qu’on ne pourrait en tirer aucun argument contre leurs position. Newton, Copernic, Pasteur, Fleming, Einstein et bien d’autres ont dû lutter longtemps contre le consensus scientifique “politiquement correct” de leurs contemporains.

“Pour 95 %, l’effet de serre est dû à la vapeur d’eau. Le dioxyde de carbone, ou CO2, ne représente, quant à lui, que 3,62 % de l’effet de serre, soit 26 fois moins que la vapeur d’eau. La vapeur d’eau étant à presque 100 % d’origine naturelle, comme la majeure partie des autres gaz émissifs, l’effet de serre est donc essentiellement un phénomène naturel. Seule une faible proportion (effet de serre dit anthropique) peut être attribuée aux activités humaines et cela pour une valeur totale de 0,28 % de l’effet de serre total, dont 0,12 % pour le seul CO2 c’est-à-dire une proportion insignifiante, voire tout à fait négligeable… En résumé, aucune relation causale, physiquement fondée, prouvée et quantifiée, n’a été établie entre l’évolution de la température et la variation de l’effet de serre par le CO2. A fortiori, aucune relation n’est démontrée entre les activités humaines et le climat : l’homme n’est en aucune façon responsable du changement climatique.” (Marcel Leroux, climatologue au CNRS, Nouvelle Revue d’Histoire, juillet-août 2007.)

Par ailleurs, quelles qu’en soient les raisons, en quoi les hommes devraient-ils craindre la perspective d’une élévation de la température moyenne du globe, de l’ordre de 2 ou 3° Celtius, au cours du XXIe siècle ? Depuis l’invention de l’agriculture, 8000 ans avant J.C., les périodes de réchauffement climatique ont toujours présidé aux âges d’or de l’humanité. La France est chaude au temps de la civilisation gallo-romaine, puis froide pendant toute la période pré-capétienne des invasions barbares. Le Groënland est vert quand Erik Le Rouge le colonise en 982, puis à nouveau glacé quand les Vikings l’abandonnent aux indiens Inuits. Le Moyen-Age des récoltes les plus abondantes et des vendanges précoces se situe dans un créneau d’étés pluvieux et chauds, entre le Xe et le XIIIe siècle, tandis que de “petit âge glaciaire” qui s’étend sur l’Europe de 1315 à 1860 est celui des plus grandes famines, des guerres les plus longues et des pires endémies.

 

Retour aux fondamentaux

 

Le problème soulevé par l’expansion du monde moderne, sous toutes ses formes, n’est pas seulement démographique ou économique (autrement dit purement quantitatif et technologique). Il est directement, et profondément, politique. Or la politique – les philosophes n’ont guère eu besoin d’ordinateurs pour le découvrir –,

ne saurait prétendre à rien de bon ni de durable si elle ne se trouve implicitement soutenue par une antrophologie, une écologie du développement humain intégral, selon l’expression de Benoït XVI dans Caritas in veritate :  une conception générale et raisonnable de l’univers, de l’homme, de ses besoins réels, spirituels et matériels, de sa nature et de sa finalité ; en d’autres termes, par une définition de ce qui constitue la véritable “qualité” de notre vie humaine.

Le problème démographique est, en première approche, dans une société organisée, un problème économique. Puis c’est, sous des formes multiples, un problème institutionnel et moral. Au terme, c’est le problème même de la vie.” (Louis Salleron : Analyse critique de l’Essai sur le principe de population, Hatier, 1972)

Il ne s’agit donc pas de “stopper” à tout prix, au nom des vertus futurologistes de l’ordinateur, la croissance économique et démographique des sociétés humaines sur toute la surface du globe. Mais bien de trouver à orienter l’une et l’autre dans le sens d’un plus grand épanouissement de la nature humaine, qui est en même temps celui du bien commun – fondement et fin de toute société temporelle.

Entre la réduction en esclavage par le Profit, et la réduction en esclavage par un Parti – quelque nom qu’on lui donne –, il doit bien exister quelque voie plus difficile mais plus royale, au service de laquelle chacun retrouve un peu à respirer, croître, produire et aimer… Ce n’est pas un rêve. Cette voie existe : c’est la société chrétienne. Elle est plus vivante que toutes les idéologies du monde. Et elle a déjà fait faire bien du chemin à l’humanité.
POUR EN SAVOIR PLUS :
Pour en finir avec le postulat de « l’explosion démographique ». Lien :http://www.sedcontra.fr/La-Une/Pour-en-finir-avec-le-postulat-de-lexplosion-demographique.html

Ne laissez pas le monopole de l’édition en ligne aux antichrétiens, faîtes crédit à la quête du sens.

Source : Hugues Kéraly/ sedcontra.fr – Janvier 2010