« Pourquoi je parle en langues », défense de la glossolalie

Je rends grâces à Dieu de ce que je parle en langue plus que vous tous, disait l’apôtre Paul. Voici mon expérience sur cette question…

« Je rends grâces à Dieu de ce que je parle en langue plus que vous tous. » (1 Cor.14;18)

On accuse souvent notre site d’être « anti-charismatique », parce que nous dénonçons certains excès et certains abus. Je voudrais cette semaine donner mon point de vue sur le parler en langues, qui a fait couler tant d’encre et tant de salive. Je voudrais maintenant exhorter ceux qui se croient « sages », qui ont découpé la Bible en tranches (le « dispensationnalisme ») et qui prétendent pouvoir se passer d’un don (certes minime en apparence) pour lequel l’apôtre Paul rendait grâces à Dieu, à faire l’expérience de ce dont je vais parler. S’il plait à Dieu en nous remplissant de faire de nous de petits enfants aux lèvres balbutiantes, alors remercions-Le, et entrons dans la moisson avec les armes qu’il a prévues pour nous. Et quoi? Nous partirions au combat en laissant une partie de notre équipement au vestiaire, sous prétexte que quelques uns s’en sont mal servis? Oui, le parler en langues est le moindre de tous les dons. Oui, il faut aspirer aux dons les meilleurs, c’est-à-dire à ceux qui, en assemblée, sont propres à édifier les autres. Mais ce n’est pas l’objet de cet édito: nous avons parlé de choses plus importantes les semaines passées, nous continuerons la semaine prochaine. Cette semaine, abordons en détail ce… détail et voyons si d’aventure en brodant des tonnes de « tissu théologique » autour de ce qui n’est destiné qu’à être un outil et pas une fin en soi, nous n’avons pas intellectualisé, voire ostracisé un don précieux, dont l’utilité aurait échappé à la plupart des théologiens…

« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. » (Jean 1;1)

Le don de la parole

Pour « donner de la voix » sur cette terre, Dieu s’est incarné dans le Fils. Les fragiles tables de la Loi, écrites dans la pierre par le doigt du Tout-Puissant devaient être définitivement écrites, dans les coeurs, par la Nouvelle Alliance, ainsi qu’en témoignait Ezéchiel. En fait de « commandement nouveau », il s’agissait de l’actualisation d’un des 10 commandements: l’amour était l’accomplissement de la Loi, l’amour, c’est Christ, et Christ c’est l’Esprit. Condamnés par la Loi, il nous manquait la mort par la vie de Christ, et la réception de l’Esprit de Vie nous libère de l’esclavage du péché. Le commandement ancien, rendu nouveau, allait nous faire revivre: tels des enfants entrant de nouveau dans le monde, notre science, notre sagesse, nos acquis, tout allait devoir être oublié. C’était un langage complet qu’il allait nous falloir apprendre, un langage dont les phonèmes célestes seraient connus de Dieu seul, et de nous, dans le tréfond de notre âme et de notre esprit.

« La langue aussi est un feu; c’est le monde de l’iniquité. » (Jacques 3;6a) « Venez, tuons-le avec la langue… » (Jérémie 18;18)

La langue, ce feu…

Peu de sujets comme le don des langues, et plus largement le baptème du Saint-Esprit, ont donné lieu à autant de joutes verbales, et de polémiques enflammées. Je pense notamment à l’horrible livre de F. Legrand, qu’il n’avait même pas osé signer de son vrai nom, mais qui a fait les dégâts que l’on connaît. C’était pourtant la réponse du berger à la bergère ! Claquemurés dans leur doctrine – il faut le dire – bancale, les pentecôtistes de tous poils prétendaient que LE signe du baptème du Saint-Esprit était le parler en langues. Ce n’est que partiellement exact, et même les ADD ont retiré depuis peu cet article absolu et intransigeant de leur confession de foi. Lorsque le Saint-Esprit descendit, ainsi que le raconte le livre des Actes, on peut lire que certains prophétisaient, certains parlaient en langues… et certains recevaient d’autres dons tout aussi importants !

« Allons! descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres. » (Genèse 11;7)

Glossolalia et non xenoglossia

Pour les empêcher d’atteindre aux cieux, Dieu frappa de confusion les hommes de Babel dont le babil, enfantin et puéril dans leur orgueil, scella la discorde, et toutes les discordes à venir (voir notre édito du 31/05/2004 « Guérir Babylone? »). C’est à la Pentecôte, 50 jours après la résurrection, que l’Esprit descendit et unit de nouveau tous les hommes en s’adressant à chacun d’eux dans sa propre langue. Lorsque Paul l’apôtre parle de la pratique des premiers chrétiens, il ne parle pas du don de « xénoglossie » (don de parler une langue étrangère, à ne pas confondre non plus avec l’ermeneia, le fait d’entendre un discours dans sa propre langue), mais de « glossolalie », don de parler en langues inintelligibles. J’entends souvent un argument qui, à mon sens, est un paravent d’incrédulité (voir notre édito du 04/06/2000: « 3 levains tenaces »): le parler en langues est utilisé par les spirites, il faut s’en méfier. Permettez-moi de tourner les choses autrement, et de vous expliquer le processus par une image qu’un enfant comprendra: Jésus a promis que des fleuves d’eaux vives couleraient de notre sein. Pourtant, rien n’est plus insignifiant qu’un fleuve à sa source. Quel savant, s’il n’en a pas suivi lui-même le cours pour constater que ce mince et ridicule filet devenait un puissant et majestueux fleuve, croirait que ce qu’il voit puisse être la source de tant de vie? J’ai vu des gens, lorsque l’Esprit coulait sur eux et par eux, frémir, voire « frétiller » ! J’en ai vu trembler, parler, baffouiller, se taire, pleurer. Qu’importe le bruit que fait la « breloque » qu’on accroche à la porte pour avertir de l’entrée d’un visiteur ! On raconte que du temps de Wesley, les saintes femmes mettait un mouchoir devant leur bouches pour étouffer les drôles de bruits qu’elles faisaient ! Qu’importe le bruit que font nos bouches, ne retenons pas ce flot que le Saint-Esprit déverse lorsque nous sommes seuls avec Dieu ! « Si je suis hors de sens, c’est pour Dieu », disait l’apôtre Paul. Lâchons-nous ! Expérimentons les dons de Dieu ! Cessons de calculer, et laissons l’Esprit faire de nous non pas des enfants, mais de petits enfants !!

« Si quelqu’un ne bronche point en paroles, c’est un homme parfait, capable de tenir tout son corps en bride. » (Jacques 3;2b)

Don des langues et maîtrise de soi

J’ai constaté que certains, notamment parmi ceux qui sont les plus intransigeants sur cette doctrine « baptème du Saint-Esprit=parler en langues » avaient justement besoin d’un attouchement divin sur… leur langue ! Il n’est pas rare de trouver des pentecôtistes de 20 ou 30 ans être… médisants comme pas 2 ! Voici comment, à mon sens, fonctionne la fausse doctrine qui permet à des travers charnels et sectaires de perdurer dans leur vie: ils ont reçu le Saint-Esprit, la preuve, ils parlent en langues. Comme le Saint-Esprit les conduit, ils en viennent à s’appuyer exagérément sur lui, je veux dire que, dépassant la foi et la confiance, le discernement et la spiritualité réelle, ils glissent vers… la présomption ! Comme la mécanique du parler en langues se poursuit, ils en déduisent que Dieu les agrée, et cela les porte à se croire « justes » et « éclairés », voire « tout le temps conduit par l’Esprit ». Mais évidemment, rien n’est plus faux, le simple fait de « se croire debout » manifeste qu’on est peut-être se le point de tomber. Pour autant, le don des langues est extrêmement précieux: il donne à ceux qui le pratiquent une maîtrise unique de leur esprit et de leur intelligence. Il ne s’agit pas de « transe » comme certains le prétendent. Mais laissez-moi vous parler un peu de mon expérience personnelle.

« Je rends grâces à Dieu de ce que je parle en langue plus que vous tous. » (1 Cor.14;18)

Ma pratique personnelle

Le don des langues, que j’ai reçu en 1989 lors d’une effusion, visitation du Saint-Esprit, m’a toujours été très utile. Lorsque je ne sais pas pour quoi prier, je cherche le Seigneur, et parfois il me conduit à prier en langues. Je me souviens d’une époque où, militaire, lorsque j’étais malade, je marchais de long en large en priant en langues: j’étais souvent visité par une forte chaleur et en quelques minutes, j’étais totalement guéri. Mais le parler en langue construisait aussi ma foi. Lorsqu’en 1992 j’eus un accident de poids-lourd, dont je ne pensais pas sortir vivant, je sortis du véhicule tout dégoulinant de sang et manchant, je me mis à prier en langues. Puis je posais ma main sur mon épaule gauche demandant à Dieu la grâce de pouvoir conserver l’usage de mon bras (je suis gaucher). Me rendant vers le camion, toujours parlant en langues doucement, j’imposais les mains au conducteur qui me disait: « je sens un froid qui envahit mes jambes ». Saisi par la foi de Dieu, je chassais l’esprit de mort: le chauffeur s’en sortit avec « seulement » une cervicale fêlée ! Merci Seigneur. Encore maintenant, lorsque je reçois des fardeaux de prière – et TOUJOURS lorsque je suis seul et que personne ne peut me voir ou m’entendre, je prie en langues. Comme disait Paul, je prie abondamment en langues. Durant cette prière, je suis connecté à Dieu.

« Car si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence demeure stérile. » (1 Cor.14;14)

L’intelligence stérile

Ce n’est en effet pas « un démon » qui me pousse à parler ainsi en langues, car plus je parle en langues, plus j’ai envie de lire la Bible, plus elle me parle et plus je me dépouille devant Dieu. Ce n’est pas non plus un phénomène « psychique », comme aiment l’expliquer quelques uns qui, du reste, n’en ont pas fait eux-mêmes l’expérience: durant ces temps de glossolalie, je reçois des révélations divines, des pensées qui ne peuvent provenir de quelque recoin de mon cerveau ! Ainsi par exemple une année, je me trouvais chez un pasteur pour l’aider. J’avais vraiment un « fardeau » de prière pour cette famille. Un jour, une de ses filles passait en scooter à côté de ma chambre, où j’étais en train de prier. En esprit, je me suis mis à prier pour elle, en langues, car je ne savais ce qu’il fallait demander. Je « vis » alors son sac à main avec un paquet de cigarettes dedans, et je lui en parlais. Confondue, elle m’avoua que c’était la première fois qu’elle achetait un paquet de ce poison ! Souvent, parcourant ma liste de prière, je pense à telle personne, et je prie en langues: certes, mon intelligence est stérile, mais souvent Dieu me donne alors la pensée de telle ou telle chose à demander précisément dans la prière. On peut appeler cela une révélation si l’on veut, mais personnellement, c’est mon quotidien, et cela n’a rien d’extraordinaire, même si c’est surnaturel. Comme moi, des millions de chrétiens de par le monde vivent la même chose. Le parler en langues m’est un don précieux, bien sot à mon avis – ou bien orgueilleux – qui prétendrait pouvoir s’en passer.

« Dans l’Eglise, j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, afin d’instruire aussi les autres, que dix mille paroles en langue. » (1 Cor.14;19)

Le parler en langue et l’assemblée

La déférence, le respect d’autrui est une des préoccupations majeures de l’apôtre Paul. J’ai pour ma part souvent prié avec des gens qui se sentaient obligés de meubler le silence d’abondants « tibidibidi chemenemene » qui, à la longue, sont vraiment dommageables à l’esprit de prière. Je crois qu’ils proviennent tout simplement de l’orgueil: on veut montrer qu’on est spirituel. Comme disait une missionnaire dont le nom m’échappe: « Il n’y a de vraie lumière que celle qui ne blesse pas les regards ». Ainsi, il vaut mieux se maîtriser en public, et éviter le « mur sonore » du pentecôtiste super-spirituel. En revanche, si un groupe de personnes spirituellement éprouvées, décident d’un commun accord de tous ensemble prier en langues, cela peut être – à mon avis encore – profitable à plusieurs. Dans la première communauté pentecôtiste que j’ai fréquenté, nous avions des « soirées de recherche du Saint-Esprit ». Il ne s’agissait pas de venir consommer l’onction de tel ou tel prédicateur, non. Chacun s’avançait de sa chaise et nous étions tous sur la carpette, à genoux, en nous repetant et en confessant nos péchés au Seigneur, criant littéralement à Lui. Ce genre de pratique peut paraître parfois un peu brouillonne, mais pour les drogués que nous étions, elle s’avérait parfaitement adaptée: nous avons vécu de grandes bénédictions. Il me faut maintenant également ajouter que, d’un strict point de vue pratique, il existe d’autres parlers en langues dans l’assemblée: ceux qui appellent soit un moment de silence, soit une interprétation. Pour ceux qui en ont l’expérience, la différence est rapidement faite, et d’ailleurs l’assistance sent bien qu’il s’agit d’un message pour tous. Une nuance toutefois, j’ai rarement vu de véritables « xénoglossies », mais j’en ai vu. Une fois par exemple, une routarde hollandaise entendit parler dans sa langue une souer man-ouche. C’était saisissant. Mais le plus fréquemment, certains me disent: « Je parle arabe » ou « J’ai un parler en langues chinois ». Pour moi qui ai un peu étudié les langues, un « chouya » d’arabe, et 3 années de chinois, j’ai pu constater qu’il ne s’agissait pas de ces langues.

« Je désire que vous parliez tous en langues… » (1 Cor.14;5a) « N’empêchez pas de parler en langues. » (1 Cor. 14;39)

Conclusion: sommes-nous tous concernés?

Très honnêtement, je dirais que oui. Je dirais que certains, qui intellectualisent la foi, auraient bien besoin de cette « déconnection » de leur cerveau, de s’abandonner dans la foi au Saint-Esprit. Pour autant, ceux qui prient en langues peuvent l’attester, on n’a jamais les idées aussi claires que lorsqu’on prie en langues ! Ainsi, lorsque je prie silencieusement en langues, et que quelqu’un m’interrompe et me réclame une chose, j’ai accès instantanément à l’information dans les « archives » de mon cerveau, comme si celui-ci s’en trouvait mieux « rangé » ! C’est indescriptible, il faut le vivre. Paul donc nous exhortait à aspirer aux dons les meilleurs, donc à la prophétie, mais il désirait que « nous parlions tous en langues ». Ce n’est pas pour rien. Certes, plusieurs n’en auront pas besoin et recevront de Dieu d’autres dons, mais bien souvent, c’est à cause de blocages mentaux que certains n’arrivent à recevoir ce don qui, je le répète, a une fonction bien précise. D’autre part, Paul recommande de « ne pas éteindre l’Esprit », Jude nous exhorte à « prier par le Saint-Esprit », et Paul de nouveau à « ne pas empêcher de parler en langues ». Il y a un risque évident pour ceux qui pontifient et qui, d’un trait de règle, ont rayé les dons de l’Esprit de leur actualité, qu’ils ne scandalisent les petits enfants du Seigneur qui viennent à Lui avec foi et candeur: Dieu a disposé pour chacun des dons, et le parler en langues est un outil qui a pour but de nous édifier. Je conclus par une autre expérience personnelle: chaque fois fois que je suis saisi par l’Esprit en priant en langues, parfois à voix forte et avec autorité, je sais qu’il se livre un combat « dans les airs » et que je vais rencontrer une personne que je vais devoir évangéliser. Sans le don des langues, je ne me présenterais pas seulement « nu » et presque « sans armure » dans ce combat, je ne serais peut-être même pas utilisé du tout, car j’aurais peut-être la tête pleine de pensées et je râterait une occasion…

Voulez-vous faire cette expérience? Jeûnez, priez, cherchez le Seigneur de tout votre coeur et demandez-Lui de vous visiter puissamment ! Et si possible, joignez-vous à un groupe d’authentiques chrétiens qui vivent cette dimension. Vous en ressortirez transformés.

Nicolas ><>

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