Arche de Noë : Scientifiques italiens

Cette interview, réalisée par le pasteur Yvon Charles, est extraite de l’excellente revue « Documents Expériences » (voir leur site). Tout un n° spécial, le n°132 de décembre 2003, était consacré à l’Arche et intitulé « Sur la montagne d’Ararat, à 4000m dans le glacier, ils ont trouvé l’Arche de Noé ».

Lire également:
http://www.bibliorama.com/atlas/atlas_html/AT_deluge.htm
http://www.bethel-fr.com/pcusson/Science/DELUGE.html
http://www.voxdei.org/afficher_info.php?id=5332.70

Comment la pensée de l’Arche vous est-elle venue et la réflexion sur ce bateau unique dans l’histoire de l’humanité a-t-elle fait son chemin en vous? Quand avez-vous décidé de vous en occuper ?
Roberto Tiso: «Il y a environ cinq ans. J’ai examiné ce qui avait été rapporté par les chercheurs et me suis alors décidé à me rendre là-bas. Mais je suis en contact depuis 1990 avec Angelo Palego, qui est allé sur le mont Ararat, même quand la zone était fermée pour des raisons militaires.
J’ai réalisé pour lui une maquette de l’Arche à l’échelle de 1/200ème, de même qu’une maquette du massif de l’Ararat au 50/1000èrne pour les journalistes, la radio, la télévision… Puisqu’il est impossible d’emmener tout le monde avec nous là où se trouve l’Arche, nous avons reconstitué le massif avec tous ses détails.»

Tito Deluca: «Pour ma part, c’est par des contacts avec Roberto Tiso et Angelo Palego que le désir d’en savoir plus sur l’Arche est né en moi. Je suis également alpiniste, et la montagne de l’Ararat m’intéressait aussi pour cette raison.»

Quelles recherches avez-vous menées, quelles ont été vos sources ?
R.T.: «Le document essentiel est la Bible. Elle seule nous a permis de situer exactement l’emplacement de l’Arche, et c’est d’ailleurs pour ne pas l’avoir suffisamment prise en compte que nombre d’explorations ont été conduites là où l’Arche ne se trouve pas. Nous sommes persuadés que la Bible fournit, aux chapitres 7 et 8 du livre de la Genèse, des données précises qui permettent de la situer sur la face nord du Grand Ararat.

Francesco Arduini: «Nous avons aussi répertorié et étudié tout ce qui a été écrit sur le sujet…»

Pourriez-vous préciser quelque peu en quoi le texte biblique vous a aides à localiser l’Arche de Noé ?
R.T.: «Les textes déjà mentionnés indiquent clairement que depuis le troisième étage de l’Arche échouée depuis 73 jours, et au travers de l’angle très restreint de la fenêtre, Noé pouvait apercevoir les cimes des monts, c’est-à-dire le Petit et le Grand Ararat (Genèse, ch.8, y. 5 et 6). Or, le seul point où cela est possible se situe sur le plateau Nord-Ouest. Ailleurs, on pouvait uniquement voir soit le sommet du Grand, soit celui du Petit Ararat. Les autres montagnes étaient invisibles parce qu’elles étaient plus basses et donc immergées, ou bien trop éloignées.»

F.A.: «Il est intéressant de noter que Marco Polo, à son retour, a fait à des artistes une description de l’Arche, d’après des dessins arméniens. Ceux-ci en ont fait des tableaux, dont on retrouve des exemplaires à la cathédrale St-Marc de Venise ou à la chapelle Sixtine à Rome. Ces deux oeuvres d’art montrent l’Arche avec une seule fenêtre.»

Comment expliquez-vous que certains « témoins oculaires » affirment avoir repéré l’Arche en d’autres endroits de la montagne ?
R.T.: «L’arche se trouvait initialement sur le plateau occidental, à 4800 mètres d’altitude. Il est plausible que l’explosion volcanique qui a eu lieu sur le mont Ararat en juillet 1840, l’ait brisée en plusieurs tronçons qui ont glissé soit sur le versant ouest, c’est-à-dire dans la zone du glacier Parrot, soit en direction de la Gorge de l’Ahora. C’est pourquoi des repérages sont survenus en divers lieux. Mais nous sommes certains que 1’Arche se trouvait sur ce plateau jusqu’en fin 1840, car des témoignages variés attestent qu’elle était visible depuis une distance de vingt kilomètres, dans le passé. Il est évident qu’une gigantesque structure de couleur marron foncé offrait là-haut un contraste remarquablement visible, probablement même lors des saisons froides. Ce fait est mentionné par Marco Polo qui est passé sous l’Ararat, longeant le fleuve Aras, sur «la route de la soie», et par d’autres témoins tels que Berosse, Flavius Josèphe, etc.
Nous pensons qu’elle est maintenant cassée en trois parties, et connaissons la localisation de la plus grande, les deux autres étant situées dans des zones que nous avons pu identifier sans pouvoir pour l’instant les retrouver. Nous possédons des photos de cette partie principale qui mesure encore 115 mètres de long. D’autres explorateurs, dont nous n’avons aucune raison de mettre en doute les déclarations, ont affirmé avoir vu deux autres morceaux sur deux sites différents, ce qui nous conduit à conclure que l’Arche est vraisemblablement brisée en trois.
Un des principaux témoins arméniens, George Hagopian, a pu marcher sur le sommet de l’Arche, qui se trouvait, a-t-il dit, sur une sorte de grand «balcon» de 500 metres de long, situé à l’opposé du Petit Ararat.»
F.A.: «Il est extraordinaire de penser que l’Arche s’est arrêtée à cet endroit. J’ai étudié un bon nombre d’autres montagnes et aucune de celles-ci ne présente un «balcon» de ce type à une telle altitude. J’ai vérifié qu entre le point le plus élevé et le point le plus bas, il n’y a qu’un mètre de dénivellation!»

Etes-vous convaincus que le témoignage de G. Hagopian, qui affirme avoir vu l’Arche au début et au milieu du XXe siècle, est crédible ?

R.T.: «Oui. Il a rejoint l’Arche avec son oncle sans trop de difficultés, dans la zone des crevasses parallèles, et a marché le long du «toit» de l’embarcation, qui était alors probablement presque entièrement découvert, c’est-à-dire sur une centaine de mètres. Il s’agit du plus gros morceau, qui s’est brisé en 1840.»

L’Arche a-t-elle bougé avec le glacier depuis 1840? 
T.D.: «En fait, ce glacier est un champ de neige. C’est un type de glacier particulier qui n’exerce aucune pression dans les zones inférieures, ce qui fait que l’Arche a échappé au phénomène d’écrasement auquel on aurait pu s’attendre. Si il existe une pression, elle s’exerce sur la partie gauche du glacier, mais pas où est l’Arche. C’est aussi pourquoi le glacier Parrot change si rapidement d’aspect.»
F.A.: «Nous savons que l’Arche est toujours là, dans sa plus grande partie, à cause de deux crevasses parallèles, orientées dans le sens de la pente, alors que les crevasses qui se forment dans les glaciers sont toujours perpendiculaires à la pente et au sens du glissement des glaces.»
R. T.: «Le professeur Nello Balossino (1), de l’université de Turin, a analysé par ordinateur une photo prise par le satellite français SPOT, et en a déduit qu’il existe sous ces crevasses parallèles une structure parallélépipédique. On remarque effectivement sous ces crevasses, à une certaine profondeur, une ombre rectangulaire qui est certainement la partie frontale de l’Arche, avec des proportions hauteur-largeur correspondantes à celles décrites dans la Bible. Angelo Palego a repéré ces crevasses en 1989 après un tremblement de terre survenu en Arménie l’année précédente. Il est retourné là-bas avec d’autres depuis lors et a vu que les crevasses recelaient une ombre de forme rectangulaire.
Selon nous, l’Arche devient visible quand surviennent des tremblements de terre en conjonction avec des étés torrides et secs: la glace est alors brisée.»

Vous dites que l’Arche est donc parfois visible sous la glace, que voit-on exactement alors? 
R.T.: « On voit une ombre distincte, de forme rectangulaire, qui démontre clairement la présence d’une structure rectangulaire, affleurant la glace, précisément là où se trouvent les crevasses parallèles.»

Et il est impossible, selon vous, que cette « ombre » ne soit pas l’Arche ? 
R.T. : «Oui, parce que c’est dans cette zone que M. Navarra a extrait ses morceaux de bois, que l’alpiniste Claudio Schranz (2) a récemment découvert et filmé une poutre. Cela vient corroborer notre conviction que l’Arche, après l’explosion de 1840, a glissé jusque dans une gorge de roches, où se trouvent actuellement les crevasses parallèles, les autres morceaux, ayant glissé un peu plus bas, dans le glacier Parrot.»

À quelle profondeur sous la glace l’Arche se trouve-t-elle? 
R. T.: «Cela varie constamment: peut-être à une cinquantaine de centimètres en été, selon ce que nous pouvons évaluer, parce qu’elle est alors visible, ce qui signifie que la glace est peu épaisse.»

Pourquoi M. Schranz est-il convaincu de ce que la poutre qu’il a vue n est pas un bloc de basalte ou que cette poutre ne peut pas avoir une autre origine que l’Arche? 
« La poutre qu’il a trouvée a une section de 30 sur 35 centimètres environ et une longueur de 4 à 5 mètres, probablement, dont une grande partie est prise dans la glace. On voit nettement sur la photo que l’objet est fibreux, et présente une cassure dentelée typique du bois, avec une «brindille» plus claire dont on remarque sur la vidéo le mouvement provoqué par le vent. Dix ans plus tôt, C. Schranz et M. Fallini avaient déjà découvert dans cette même zone, à l’intérieur d’une crevasse, une autre poutre de bois. Malheureusement, quand C. Schranz l’avait touchée, elle s’était immédiatement désagrégée.
Le professeur Corrado Lesca, de l’université de Turin, a déclaré que l’objet en question est bien une «poutre de bois» et que «l’existence d’une pièce de ce genre à cette altitude est très difficilement explicable ». Nous concluons par conséquent qu’il ne peut s’agir exclusivement que de bois provenant de l’Arche de Noé.
Les morceaux de bois trouvés dans cette même zone du glacier
Farrot par F. Navarra en 1955 et 1969, ont été analysés, et ces analyses ont démontré que l’âge de ces pièces correspond à la période du déluge indiquée dans la Bible, c’est-à-dire 4500 ans environ.»

La découverte de M. Navarra a parfois été controversée (l’un de ses guides l’a même niée). Comment pouvez-vous être absolument certains que le bois qu’il a rapporté provenait de l’Arche? 
R.T.: «L’associé qui nia cette découverte était Ahmet Tura, qui fut réticent à répondre aux questions qui lui furent alors posées. Il déclara «qu’au fond, il était musulman… ». Les musulmans les plus observants n’avaient aucun intérêt à démontrer que l’Arche se trouvait sur le mont Ararat, car le Coran dit qu’elle est posée sur la montagne Judi (encore appelée Cudi Dagh). Or, celle-ci se trouve à 200 kilomètres au sud-ouest de l’Ararat, une belle distance!
Nous sommes absolument certains que M. Navarra a prélevé du bois provenant de l’Arche pour les raisons déjà évoquées. M. Palego a lui-même rencontré M. Navarra en 1989, qui lui a donné un petit morceau du bois découvert sur la montagne, il faut rappeler également que M. Palego est ingénieur en chimie et que ce matériau lui est familier.»
F.A.: «De plus, l’an dernier, en photographiant la poutre qu’il a trouvée à un endroit proche de celui où F. Navarra avait extrait la sienne, C. Schranz a prouvé que ce dernier disait la vérité. C’est ce secteur que nous avons tenté d’explorer dans notre expédition de septembre dernier.»

Certains de ceux qui ont affirmé avoir vu l’Arche, soit depuis des avions, soit depuis une certaine distance sur la montagne, se sont rendu compte par la suite qu’ils s’étaient trompés, il s’agissait d’illusions d’optique ou d’un gigantesque bloc rectangulaire de basalte. Etes-vous absolument certains que ce n’est pas le cas pour vous? 
R.T.: «Oui, car nos affirmations sont étayées par diverses preuves, dont les découvertes de bois faites dans cette même zone par Fernand Navarra et Claudio Schranz. Pour mémoire, précisons qu’il n’existe absolument aucun type d’arbre sur tout l’Ararat. On n’y trouve que des plantes sèches et des arbustes. Un morceau de bois conséquent émergeant des glaces de l’Ararat ne peut que provenir de l’Arche.
Grégor Schwinghammer, pilote de l’U.S. Air Force, a aperçu en 1959, dans cette zone des «glaciers Parrot crevasses parallèles », une énorme structure rectangulaire sous la glace. Il a lui-même confirmé aux journalistes que ce lieu est celui que nous avons indiqué. En outre, d’autres repérages signalent que cette zone est celle où se trouve l’Arche.
Interviewé à la télévision, M. Schwingharnmer a affirmé qu’il était en contact avec de nombreuses organisations semblables à la nôtre, mais que seuls les documents envoyés par les Italiens, c’est-à-dire nous, correspondaient à ce qu’il avait vu. Dans les siècles passés, les guides arméniens y conduisaient des groupes entiers pour voir l’Arche, parce que le chemin ne présentait pas de trop grandes difficultés: le versant Nord-Ouest est celui d’où l’on peut rejoindre sans trop de mal le glacier Parrot. La vallée située en contrebas de celui-ci, que nous appelons le « plateau des chevaux », mène au lac de Kop, zone assez étendue d’où on peut voir aisément, quand il affleure, le devant de l’Arche, juste sous les crevasses parallèles, à un kilomètre environ de distance. Par conséquent, quand les bergers passaient dans ces lieux pour la transhumance, ils repéraient l’épave biblique au cours des étés particulièrement chauds, et après des tremblements de terre, comme mentionné.»

D’autres personnes ont-elles vu l’Arche à cet endroit? 
F.A.: «Un grand nombre de témoins oculaires l’ont aperçue à l’occasion d’étés chauds où la glace fondait. Un autre aviateur de l’U.S. Air force, l’a repérée à cet endroit exactement. Une édition d’un journal de l’armée américaine, «Stars and Stripes» a publié, pendant la deuxième guerre mondiale, des photos prises par lui. D’autres témoignages concordent: ceux des aviateurs Kevin Flurley, Vince Will, Herb Knee…
En 1989, A. Palego a fait les photos qu’il a publiées. Elles correspondent exactement au dessin réalisé à partir des observations rapportées par le journal «Stars and Stripes ». Nous avons fait appel à un laboratoire de Turin pour effectuer des études poussées de ces photos au moyen d’ordinateurs. Les spécialistes nous ont répondu que cet objet ne pouvait pas faire partie de la montagne. Et ils ont trouvé qu’il avait les mêmes dimensions que celles données à l’Arche dans la Bible.»
R.T.: «Un an plus tard, en 1990, l’objet avait totalement disparu sous la glace, comme le montrent les photos prises alors au même endroit, et ce pour les raisons climatiques déjà évoquées.»

Pourquoi n’a-t-on pas retrouvé l’Arche auparavant? 
R. T.: « Si on avait utilisé la Bible comme guide, on l’aurait retrouvée depuis longtemps. C’est ce que nous disons aux chercheurs américains: « Peut-être ne trouvez-vous pas parce que vous ne cherchez pas au bon endroit? ».
Mais le jour où une structure correspondant aux données bibliques sera découverte, nous saurons que c’est l’Arche. Ce sera pour nous le critère absolu.»

N’avez-vous jamais été découragés lors de vos recherches? 
F.A.: «Oh, si! parce que nous avons organisé beaucoup d’expéditions qui n’ont rien donné, notamment parce que nous n’avions pas l’équipement nécessaire pour creuser sous la glace. Nous ne sommes sponsorisés par personne et manquons donc de matériel, par exemple, des géo-radars qui nous permettraient d’effectuer des sondages sous la surface de la glace…»

Pouvez-vous nous parler des difficultés que vous avez rencontrées? 
T.L.: «L’Ararat est une montagne très particulière. Pour moi, le problème le plus important, ce sont les chutes de pierres. Tous ceux qui s’aventurent sur cette montagne courent un danger permanent à cause des éboulements. C’est un ancien volcan et les roches qui le composent sont en particulier du tuffeau: elles sont de plus en plus légères au fur et à mesure que l’on monte. Cela fait, par exemple, que nous avons toujours les plus grandes difficultés à trouver des endroits pour établir un camp de base.
Le deuxième danger ce sont les animaux sauvages. Ainsi, A. Palego a-t-il été confronté à un ours sauvage, à des serpents venimeux, mais il y a également des loups, des aigles… Nous avons aussi été attaqués par une quinzaine de chiens sauvages. Ce sont des animaux énormes qui errent en meutes dans la montagne. Nous avons dû les chasser à coups de pierres.
Le troisième problème est le climat: en l’espace de quelques jours la morphologie des lieux peut changer du tout au tout. Certaines crevasses qui ont jusqu’à 4 mètres de largeur une année peuvent avoir entièrement disparu la saison suivante.»
F.A.: «Lors de notre dernière exploration, nous sommes arrivés à 3600 mètres d’altitude avec un temps magnifique. Nous avons dressé le camp de base, puis, en quelques instants, le temps est devenu glacial, un vent extrêmement violent s’est levé. Je n’en ai jamais vu de semblable. Il allait jusqu’à faire rouler des pierres! Après avoir été immobilisés sur place pendant trois jours, nous avons conclu que la seule solution était de redescendre. Les ruisseaux qui coulaient à la montée étaient complètement gelés à notre descente! Le temps change là-bas beaucoup plus vite que dans les Alpes.
L’Ararat est une frontière climatique où se rencontrent les vents froids venant du nord et les vents chauds venant du sud, du désert d’Arabie.»
T.L.: «C. Schranz a dit que l’Ararat était l’une des montagnes les plus difficiles qu’il ait escaladées.»

Comment les populations locales réagissent-elles face aux explorations sur le mont Ararat ?
F.A.: «Nous n’avons pas de problèmes avec elles. Les habitants sont en général de braves gens, qui coopèrent même avec nous, contre rémunération.»
R.T.: «Nous pensons, comme nous l’avons dit, que seuls les musulmans les plus intégristes peuvent s’opposer à la découverte de l’Arche. Mais pas tous, car beaucoup de Kurdes, bien que musulmans, considèrent le mont Ararat comme une montagne sacrée. Jusque récemment, c’était pour eux un sacrilège que de dépasser une certaine altitude, cette curieuse attitude étant liée à la crainte d’un jugement divin. Et de fait, le nom turc de l’Ararat – « Buyuk AgriDagh » – signifie «grande montagne de la douleur».
Par contre, c’est la présence de nombreuses forces militaires qui pose le plus grand nombre de problèmes. L’Ararat est dans une zone de frontières, avec l’Iran, l’Arménie, la Syrie. C’est un endroit stratégique sous contrôle militaire. De plus, il existe un conflit latent entre les Turcs et les Kurdes, qui se traduit par une guérilla entre les indépendantistes du PKK et l’armée turque. Les check points sont nombreux et nous font perdre beaucoup de temps, car nous avons besoin de permis pour monter.
Chaque fois que nous escaladons l’Ararat, nous avons avec nous deux guides locaux. L’un d’eux a été arrêté et torturé pendant plus de 27 jours par les militaires turcs qui lui ont cassé toutes les dents, parce qu’il avait enfreint une loi interdisant d’accompagner des touristes.
A. Palego s’est aussi un jour trouvé face à des militaires qui lui ont mis le canon d’un fusil sous le menton… L’Ararat est à la fois une frontière politique, ethnique, et climatique; tous les problèmes y sont concentrés!»

Le gouvernement turc est-il convaincu que l’Arche est sur le mont Ararat? 
R.T.: «Oui. M. Mustafa Tasar, ministre turc du tourisme, a annoncé publiquement la découverte des restes de l’Arche. C’est probablement poussé par un intérêt économique, à cause du tourisme que cela pourrait susciter, qu’il a fait cette déclaration… En ce qui nous concerne, le gouvernement turc a toujours été récalcitrant à favoriser des études plus poussées des lieux. A. Palego et moi-même, comme les autres membres de notre équipe, nous avons toujours eu les plus grandes difficultés à obtenir des permis, et tout particulièrement ceux qui permettent d’escalader le versant nord-ouest de la montagne, qui est précisément celui où se trouvent les restes de l’Arche!
A un autre collègue, un fonctionnaire du gouvernement turc a dit que l’ascension du mont Ararat était interdite pour des raisons archéologiques, ajoutant que la montagne est hantée par les chercheurs de l’Arche. Ils veulent manifestement que tout s’arrête là!»

Où pensez-vous en être dans vos recherches? 
F.A.: «Nous avons commencé ces recherches avec un esprit ouvert, c’est pourquoi nous avons étudié tous les travaux et pris en compte toutes les recherches de toutes les organisations qui avaient le même objectif que nous, quelles qu’elles soient. Après examen, nous avons conclu qu’une seule a obtenu des résultats probants: celle d’Angelo Palego. La différence entre nos deux organisations, est que celle d’A. Palego est composée de personnes qui vont sur le terrain faire des recherches, la nôtre s’occupant plus de réfléchir aux résultats qui sont rapportés. Nous ne pensons pas être obligatoirement ceux qui doivent mettre l’Arche au jour. Que ce soit nous ou d’autres, peu importe, l’essentiel est qu’elle le soit!
Il existe une tapisserie faite à Aubusson par des Arméniens, selon leurs anciennes traditions; on y voit le Grand et le Petit Ararat et le soleil, qui y représente Dieu, a la forme d’une sorte de vrille perçant le glacier à l’endroit précis où nous fouillons. Au-dessus de celle-ci, une inscription en arménien dit: «creusez ici et vous trouverez la preuve de l’existence de Dieu.»

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Notes:
(1) Le professeur N. Balossino est spécialiste en analyse « d’imagerie satellite».
(2) M. Schranz est l’un des grands alpinistes italiens actuels. Il a escaladé un bon nombre des plus hauts sommets du monde, dont plusieurs « 8000 mètres », et poursuit sur tous les continents une carrière d’alpiniste de stature internationale.

Site officiel d’un des chercheur: Noahsark.it (en anglais)

Lire également:
http://www.bibliorama.com/atlas/atlas_html/AT_deluge.htm
http://www.bethel-fr.com/pcusson/Science/DELUGE.html
http://www.voxdei.org/afficher_info.php?id=5332.70