Israël ou Palestine ?

Israël ou Palestine, mais de quoi parle-t-on exactement ?

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Carte de la « Palestine » au temps des Croisades.

Palestine (Hébreu : ארץ ישראל Erets Israel ; Latin : (Syria) Palæstina ; Arabe : فلسطين Filastīn) désigne depuis l’Antiquité romaine, la région située entre la mer Méditerranée et le Jourdain. Selon les époques, cette désignation correspond à une bande côtière plus étroite ou au contraire s’étend également au-delà du Jourdain.

Elle est aujourd’hui principalement habitée par une partie des peuples arabe et juif et comprend la partie occidentale de la Jordanie, l’État d’Israël et ce qui sont communément appelés « Territoires palestiniens ».

Le terme « Palestine » a une longue histoire et a le plus souvent désigné une division administrative et/ou politique d’un empire, depuis l’époque romaine jusqu’à l’époque ottomane puis sous le mandat britannique, à l’exception notable de l’époque des Croisades pendant lesquelles cette « Terre sainte », qui a une place essentielle dans les trois grandes religions monothéistes, a été disputée pour sa signification religieuse. Pour le peuple juif, ce territoire est nommé « Erets Israel » et est considéré comme un héritage biblique.

Une partie de la population, d’origine arabe, qui habitait en Palestine avant le début du conflit israélo-arabe, a pris, dans l’histoire moderne, le nom de « peuple palestinien », en référence à cette appellation.

L’autre partie est aujourd’hui israélienne, et comprend outre des Juifs, des Arabes, et parmi eux, des groupes de différentes confessions religieuses. « Palestine » est également destiné à devenir le nom de l’État qu’ils revendiquent.

Dans la langue française, le terme « Palestine » est utilisé depuis plusieurs siècles pour désigner le territoire situé géographiquement entre Méditerranée et Jourdain. Pourtant, on lui reconnaît aujourd’hui plusieurs sens :

• L’ usage géographique du terme, qui désignait précédemment une province romaine (« Syrie Palestine »), puis ottomane (« Filastin »), puis le territoire du Mandat britannique (« Palestine »), perdure, même s’il a pris un sens politique et a perdu une partie de sa neutralité, spécialement après la création de l’État d’Israël en 1948. Notamment, certains Israéliens et/ou Juifs perçoivent dans l’utilisation du terme « Palestine » un déni de l’existence bien réelle de l’État d’Israël sur une partie de ce territoire, ou de sa légitimité sur cette même terre. • Et le fait de désigner par « Palestine » un éventuel futur État arabe sur les territoires palestiniens occupés accroît pour eux cette confusion. • Toutefois, la partie arabe continue d’appeler Palestine soit la région dans son intégralité, soit seulement la Bande de Gaza et la Cisjordanie, tandis que le terme « Palestiniens » est adopté pour désigner les descendants des habitants de Palestine avant le début du conflit israélo-arabe, y compris souvent les habitants arabes de citoyenneté israélienne et les Juifs qui descendent des familles qui habitaient en Palestine bien avant les immigrations juives du XXème siècle (comme les Samaritains et les Juifs de Natouri Karta, de Jérusalem et Hébron notamment). • Le sens politique du terme est apparu avec la proclamation d’un « État de Palestine » par l’OLP à Alger en 1988; uniquement certains États l’ont reconnu, principalement des pays arabes et/ou islamiques. • Mais ce nom est repris pour désigner l’État toujours revendiqué par les Palestiniens aujourd’hui. Pour certains d’entre eux, il s’agira d’un État qui s’étendra sur les « territoires palestiniens occupés » par Israël (Gaza et Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est). Pour d’autres, le but de cet État serait de couvrir l’ensemble de la « Palestine » géographique. Cet État (dans sa version qui reconnaîtrait Israël) est prévu par l’ONU et devrait voir le jour en plusieurs étapes à l’issue de négociations et de concessions des deux parties, qui ont été définies par la « Feuille de route pour la paix ». • Certains courants israéliens refusent une nouvelle partition de Jérusalem et le retrait d’Israël de la totalité de ce qu’ils rappellent comme étant la Judée-Samarie antique. Les « territoires autonomes palestiniens » et l’« Autorité palestinienne » qui les administre constitueraient le point de départ pour la formation de ce futur État. Pris dans ce sens récent, le terme a reçu une reconnaissance officielle à l’ONU puisqu’un siège d’observateur a été attribué sous la dénomination de « Palestine » à l’Organisation de libération de la Palestine en tant qu’organisation représentant le peuple palestinien. • Dans un contexte religieux, ce même territoire est aussi appelé « Terre Sainte » par les Chrétiens ou « Erets Israel » par les Juifs et recouvre l’ensemble des territoires décrits par la Bible. Cette région est connue dans le texte sous le nom de Pays de Canaan puis de Terre d’Israël. • En Archéologie, on emploie le mot « Palestine » pour désigner l’ensemble de la région, indépendamment de l’époque que l’on considère (néolithique, âges du bronze, âges du fer). On emploie, avec le même sens, le mot « Palestiniens » pour désigner l’ensemble des populations de la région. On parle donc, en Archéologie, de Syrie et de Palestine, de Syriens et de Palestiniens


Charnière entre la vallée du Nil et la « terre entre les fleuves » (Mésopotamie), le pays a été habité depuis des millénaires et a connu la présence de nombreuses dominations d’empires et de brassage de peuples. Chronologiquement, il connut la domination des : Cananéens, Hébreux, Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Byzantins, Arabes, Croisés, Ottomans et Britanniques. Il est l’enjeu d’un conflit qui s’étend depuis un siècle entre Juifs et Arabes, qui implique les trois religions monothéistes qui voient dans ce pays une « Terre Sainte ».

Quelques étapes importantes

La période cananéenne va du début du IIIe millénaire av. J.-C. à la fin du XIIIe siècle av. J.-C..

La période hébreue va du début du XIIe siècle av. J.-C. à 587 av. J.-C. (prise de Jérusalem et destruction du 1er Temple par Nabuchodonosor II).

La période babylonienne puis perse va de 587 av. J.-C. à 333 av. J.-C.. qui débute par la déportation des Juifs vers Babylone.

La période de la Judée hasmonéenne indépendante va de 140 à 36 av. J.-C..

La période romaine suivie de la période byzantine (dès 324), va de 63 av. J.-C. à 638 ap. J.-C.. marquée par l’extermination de centaines de milliers de Juifs, la destruction du 2ème Temple et par leur interdiction de résider sur leurs terres.

La première période musulmane va de 638 à 1099.

La période des Croisades va de 1099 à 1291.

La période ottomane va de 1291 à 1917, y compris la parenthèse napoléonienne.

La période britannique (mandat dès 1920) va de 1917 à 1948.

La période contemporaine est marquée par la création de l’État d’Israël en 1948, l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza par la Transjordanie et l’Égypte (de 1948 à 1967) puis par Israël depuis 1967

Histoire de l’utilisation du terme « Palestine »

Antiquité

Le nom « Palestine » dérive de celui des Philistins, peuple qui a vécu sur une partie de la bande côtière de la Méditerranée du sud-est, entre la fin de l’Âge du Bronze et le début de l’Âge du Fer.

Les Philistins sont mal connus, car ils n’utilisaient pas l’écriture. On dispose de références à ce peuple dans des documents égyptiens (qui en font l’un des « Peuples de la mer » envahisseurs de l’Égypte sous Ramsès III) et désigne par « Peleset » (P-l-s-t) la région qu’ils habitent.

Les Philistins et leur pays « Peleshet » (פלשת Pəléšeth) sont également mentionnés dans la Bible (qui parle aussi de « Cananéens » à la fois antérieurs et voisins par rapport aux « Philistins »): selon le texte, les Hébreux étaient régulièrement en guerre avec ce peuple dont les principales villes étaient Ashdod, Ashkelon, Ekron, Gath et Gaza.

Ceux qui préfèrent le nom Israël pour appeler cette terre, dénoncent l’utilisation du terme « Palestine » en référence aux Philistins comme un faux historique.

La référence biblique ne mentionne « Peleshet » que lors des guerres entre Hébreux et Philistins et parle de ce peuple qui habite quelques villes dans les environs d’Ashkelon et non l’ensemble de la terre entre le fleuve et la mer qui est connue comme « Pays de Canaan » puis « Erets Israel ».

L’utilisation du mot « Palestine » viendrait des Romains qui rappelèrent le nom des Philistins pour baptiser cette terre « Syria Palæstina », dans le but d’effacer même dans le nom le souvenir des Juifs et des États juifs qui s’y étaient succédés.

Sous la domination romaine, la deuxième révolte juive (132-135) aboutit à l’expulsion des Juifs de Jérusalem (Hadrien).

Jérusalem est nommée « Aelia Capitolina » et la région est intégrée dans la province de « Syrie Palestine » (Syria Palæstina), nouvelle dénomination, calquée sur le grec, de ce qui était auparavant appelé en latin Syria Judaea (« Syrie Judée » ou « Syrie juive »).

Dans les textes non bibliques, le terme de « Palestine » (Palaïstinê) apparaît pour la première fois sous la plume de l’historien grec Hérodote, au Ve siècle av. J.-C. (Histoires, 1,105 ; 2,104 ; etc.).

Ptolémée et, plus tard, en latin, Pline l’Ancien parlent également de « Palestine », toujours lié au terme « Syrie ». Le terme est utilisé en référence à l’ancien peuple des Philistins.

Vers 390, le terme de « Palestine » est réutilisé pour nommer les 3 subdivisions administratives du territoire de la Palestine : • la Palestine Première (Palaestina Prima) a pour chef-lieu Césarée et comprend la Judée, la Samarie, la Pérée, et la côte méditerranéenne; • la Palestine Seconde (Palaestina Secunda) a pour chef-lieu Scythopolis et comprend la Galilée, la basse plaine de Jézréel, la vallée du Jourdain à l’Est de la Galilée, et l’Ouest de la Décapole; • la Palestine Troisième (Palaestina Tertia) a pour chef-lieu Pétra et comprend le Néguev, le Sud de la Jordanie (détaché de la province d’Arabie), et l’Ouest du Sinaï.

Moyen-Âge

Les Arabes divisent la province d’ash-Sham (Syrie) en cinq districts (jund), dont l’un garde le nom de « Palestine » (فلسطين, Filastīn) et s’étend du Sinaï jusqu’à Akko (future Saint-Jean-d’Acre); son chef-lieu est d’abord Ludd (Lydda, Lod) puis, dès 717, ar-Ramlah (Ramla) et plus tard Jérusalem. Les autres villes les plus importantes sont Rafah, Gaza, Jaffa, Césarée, Naplouse et Jéricho.

Ce district de « Palestine » était bordé au nord et à l’est par celui de « Jordanie » (al-Urdunn), qui avait pour capitale Tibériade et incluait Akko et Tyr.

Les frontières entre ces deux districts ont plusieurs fois varié au cours de l’histoire. À partir du Xe siècle, cette division a commencé à tomber en désuétude, pour faire place finalement au Royaume latin de Jérusalem.

Le nom de « Palestine » n’a plus de valeur officielle sous le gouvernement des Croisés, qui créent le Royaume latin de Jérusalem; Jérusalem redevient capitale d’un État. Voir l’article Royaume de Jérusalem.

Après la défaite et le départ des Croisés, aux XIIe siècle et XIIIe siècle, les jund (districts) arabo-musulmans sont réintroduits, mais leurs frontières sont sans cesse redéfinies. À la fin du XIIIe siècle, la « Syrie » est divisée en 9 « royaumes », dont les royaumes de Gaza (avec Ascalon et Hébron), Karak (avec Jaffa), Safed (avec Acre, Tyr et Sidon) et Damas (avec entre autres, au sud, Jérusalem).

Au milieu du XIVe siècle, le système des districts est réinstauré et « Filastin » redevient le nom officiel d’un territoire: un district ayant pour chef-lieu Jérusalem (avec les villes de Ramla, Ascalon, Hébron, Naplouse). Tibériade est le chef-lieu d’un autre district, celui de « Hauran ».

Époque moderne

Le nom de « Palestine » perd sa valeur officielle sous l’Empire Ottoman. La population locale continue d’utiliser familièrement ou officieusement « Filastin » et le terme de « Palestine » reste en usage en Europe, comme terme géographique.

Au XIXe siècle, le gouvernement ottoman se met à utiliser le terme de « terre de Palestine » (Arz-i Filistin) dans sa correspondance officielle, pour désigner la zone située entre la Méditerranée et le Jourdain. Cet usage reflète celui de la population arabe, qui parfois, semble-t-il, utilise Filastin pour désigner le seul arrondissement (sandjak) de Jérusalem.

Époque contemporaine

La Déclaration Balfour (1917) énonce : Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif.

Le terme de « Palestine » redevient d’usage sous le mandat britannique puis avec le plan de partage de l’ONU en 1947.

Le fait que l’État juif en Palestine s’appelle « Israël » (et ses habitants « Israéliens ») conduit à réserver aujourd’hui le terme de « Palestiniens à la population arabe de Palestine et le nom de « Palestine » à l’État qu’elle revendique, mais risque ainsi de conduire à de redoutables contre-sens rétrospectifs

1880-1913 LE RETOUR A SION

A la fin du siècle dernier, l’Histoire du peuple juif est à un tournant. Alors qu’en Palestine subsiste une vieille communauté qui se consacre à l’étude et à la prière, en Occident, l’émancipation sociale s’accompagne d’une renaissance de l’antisémitisme.

Avec les pogroms de Russie, l’idéal du Retour à Sion émerge chez certains juifs. Mais une première vague d’immigrants dans les années 1880 est un semi-échec.

Les choses changent avec Théodore Herzl qui entend, contre la majorité des juifs partisans de l’assimilation, faire de ce peuple-paria une nation enfin « comme les autres ». Si la mémoire religieuse du peuple juif est au fondement du sionisme, celui-ci, laïc dans ses buts, va prendre appui sur la diplomatie, la renaissance de l’hébreu et surtout la colonisation de la Palestine. En effet, aux yeux des pionniers socialistes, le travail de la terre est à la base de la construction du pays. Mais cette terre n’est pas vide, la « question arabe » va diviser les dirigeants juifs, entre l’angélisme et la lucidité.

En 1904, une seconde vague d’immigrés, plus motivée, s’installe. Mais à la veille d’une guerre qui va bouleverser l’Orient, peu juifs européens ont choisi la Palestine.

L’impact du mouvement sioniste reste faible en 1914.

1880-1913 UN PAYS DANS UN EMPIRE

A la fin XIX ème siècle, au sein d’un Empire Ottoman sur le déclin, la Palestine vit au rythme de sa propre histoire, entre la Méditerranée, le mont Liban , le Jourdain et l’Égypte. Sa population en majorité rurale et musulmane, cohabite avec des communautés juive et chrétiennes. La Terre Sainte, comme on l’appelle alors en Occident, suscite un regain d’intérêt de la part des puissances européennes, le voyage de Guillaume II en 1898 en est l’illustration. Au début du siècle, la société arabe repose encore sur les grandes familles de notables, et certains propriétaires vendent au prix fort leurs terres aux juifs. Ces ventes comme les débuts de l’immigration sioniste commence à susciter l’inquiétude. Une nouvelle presse et des associations patriotiques en portent témoignage. Mais la présence juive n’apparaît pas encore comme une menace sérieuse, le nationalisme arabe s’éveille surtout contre Constantinople et l’autoritarisme des gouverneurs turcs en Palestine et en Syrie. A la veille de la guerre, la violence est encore rare en Palestine entre arabes et juifs.

1880-1915 1914-1928 LE CADEAU DE SA MAJESTE

En pleine guerre et sous l’impulsion de Weizmann les sionistes orientent leur effort vers la Grande-Bretagne qui, engagé par ailleurs vis à vis des arabes et des français se prononce en novembre 1917 en faveur d’un « foyer national juif » en Palestine.

Cette déclaration Balfour sera intégrée dans les objectifs du mandat que la SDN va donner aux anglais .

Au sortir de guerre, la troisième vague d’immigration d’inspiration socialiste, forge le socle idéologique de la société des pionniers et l’économie prend son essor. Haïfa et Jérusalem se développent, des universités y sont créée.

La priorité des dirigeants est au renforcement, sur le terrain, de la société juive.

Les intérêts britanniques, qui penchent du côté arabe et vont réduire progressivement la portée de la déclaration Balfour.

Néanmoins dans les années 20, les juifs profitent de l’autonomie accordé par Londres pour constituer partis et syndicats. Après les émeutes arabes une véritable armée clandestine est mise sur pied.

Ce n’est pas encore un Etat mais déjà une société en devenir.


1880-1917 1929-1941 UNE SOCIETE EN DEVENIR

En 1929, un calme apparent est rompu par des émeutes arabes meurtières comme à Jérusalem et à Hébron où l’ensemble de la vieille communauté est anéantie. En réponse, Londres établi des limites à l’ambition du foyer national juif en Palestine.

A partir de 1933, l’accession d’Hitler au pouvoir entraine une forte vague de réfugiés allemands. D’origine plus aisée ces immigrés vont donner une impulsion décisive à une économie juive très prospère.

Face à la révolte arabe, le nouveau leader juif David Ben Gourion renforce la Hagana et organise la défense de la communauté. Elle ne se laissera plus massacrer comme au temps des ghettos. Le Kibboutz devient une pièce maitresse dans le dispositif militaire.

Les persécutions nazies et les menace de guerre comme les refus arabes de tout statut minoritaire pour les juifs au sein de la future Palestine, rendent l’atmosphère très lourde.

En mai 1939, Londres publie un Livre Blanc qui restreint dramatiquement l’immigration à l’heure où des milliers de juifs européens sont pris au piège hitlérien. Le Livre blanc va rester en vigueur durant le conflit en dépit de l’effort de guerre des juifs.

Mais la lutte anti-nazi est désormais pour eux le premier des combats.

1942-1947 VERS L’ETAT

Avec la guerre, la création d’un État devient l’objectif des sionistes . Ils participent aux cotés des anglais aux combats dans la région. Mais dès que la menace sur la Palestine s’éloigne, malgré les sympathie nazies des leaders arabes, et les nouvelles qui affluent sur « la solution finale », Londres revient à sa politique antisioniste.

En 1945, la guerre finie, plus d’un million de rescapés de l’extermination errent dans une Europe dévastée. En Palestine, la communauté juive est renforcée,

Les différentes organisations se regroupent et lancent d’incessantes sabotages et attentats contre les anglais.

La violence culmine avec l’explosion en juillet 1946, de l’hôtel King David à Jérusalem. Le pays devient ingouvernable et l’échec de toutes les tentatives de conciliations, décide Londres à s’en remettre à l’ONU.

Face aux menaces arabes, au drame des survivants rejetés de toute part et enfin à l’épopée de l’Exodus les Nations Unies se prononcent en novembre 1947 pour le partage et la création d’un État juif .

Cinquante ans après la prophétie de Herzl, dans les rues , c’est l’explosion de joie. Mais les lendemains sont angoissants.

1942-1948

1948-1954 LA RENAISSANCE

Mars 1948, plus de trois mois après le vote du plan de partage, la situation est désespérée pour les juifs de Palestine. Les colonies sont isolées et la route de Jérusalem coupée. Mais les juifs refuse la trêve et début avril lancent la reconquête . Des villes sont conquises, les actions dissidentes entament le moral des arabes et provoquent la fuite des habitants.

Le 14 mai à Tel-Aviv, malgré la menace aux frontières, David Ben Gourion proclame l’Etat d’Israël. Le lendemain à l’aube, c’est l’invasion : La guerre d’indépendance a commencé.

Faible en nombre et en matériel, les israéliens ont l’unité, l’expérience et un moral à toute épreuve et en quelques raids foudroyant s’emparent de nombreuses régions.

Le bilan de la guerre est lourd, la vieille ville de Jérusalem est perdue mais le territoire est plus vaste que celui du partage. Imposé par le choc de la Shoah, Israël a acquis sa légitimité sur le terrain et a effacé des millénaires d’humiliations.

Problèmes financiers, blocus et immigration de masse, les débuts sont difficiles. Bientôt la situation extérieure se dégrade à propos du Jourdain et du harcèlement des colonies frontalières.

Face à un monde arabe riche de son pétrole, isolé et oppressé, Israël a peu à offrir, « le dos à la mer, entouré d’un désert de haine ».

1955-1966 FACE A NASSER

Sept ans après sa création, Israël fait face à un voisin de plus en plus puissant. L’Egypte de Nasser s’équipe en armes et interdit le détroit du Tiran à ses navires.

Pour éviter la lente asphyxie, une opération militaire est envisagée.

La nationalisation du canal de Suez par Nasser en fourni l’occasion. En quelques jours, la conquête du Sinaï va stupéfier le monde et donnera naissance à un mythe : l’invincibilité de Tsahal.

Mais les pressions internationales impose vite le retrait de la péninsule. Même volée, cette victoire donnera confiance à Israël et la décennie suivante constitue un répit avec une frontière calme au Sud et un territoire respecté. Dans la foulée, Tel-Aviv renforce sa relation avec Paris et lance une coopération avec l’Afrique. Dans les années 60, l’industrie privée décolle , le Néguev se développe, l’intégration des juifs orientaux est facilitée.

Le temps passe et Israël parait devenir un pays comme les autres.

Cependant, les opérations de sabotage et les bombardements de la Galilée par la Syrie provoque un durcissement aux frontières.

Au printemps 1967, c’est l’escalade : Appels au massacre et prêches enflammés dans les capitales arabes, Israël vit des journées angoissantes.

1973-1981 KIPPOUR ET LA PAIX EGYPTIENNE

Kippour 1973, la traversée du canal par les égyptiens et les terribles combats du Golan réveillent Israël de son rêve d’invincibilité.

Le redressement puis la victoire finale n’efface pas le traumatisme des premiers jours : Commission d’enquête, contestation sociale puis démission de Golda Meïr.

C’est une page qui se tourne, celle des pères fondateurs.

L’Etat hébreu a été attaqué mais dans les chancelleries le réalisme à désormais une odeur de pétrole : l’Europe adopte les thèses arabes, les États-Unis hésitent et même l’Afrique lâche Israël. C’est la solitude et l’effacement après l’arrogance.

Le renversement politique de mai 1977 porte au pouvoir la droite nationaliste de Menahem Begin et avec lui d’une certaine manière, le « peuple juif  » prend le pas sur la nation israélienne.

En novembre de la même année, c’est l’incrédulité puis l’explosion de joie : Sadate fait le voyage à Jérusalem et devant la Knesset, offre la Paix à son ancien ennemi. 30 ans après sa naissance, Israël est enfin reconnu par un de ses voisins. Mais la Paix de Camp David restera une paix froide.

En Judée-Samarie, les colonies sont encouragées, le pouvoir se durçit, Jérusalem devient « capitale éternelle ». En décembre 81 le Golan est annexé.

Pour certain même, ils est temps d’en finir avec l’OLP au Sud-Liban.

1982-1991 DE BEYROUTH A MADRID

Pour la première fois, avec l’opération « Paix en Galilée » Israël fait une guerre et ne la subit pas, l’invasion du Liban et le siège de Beyrouth déchire la société et entame l’image d’Israël dans le monde.

A partir de 1984, un gouvernement d’union nationale dirigé par Pérès opère un spectaculaire redressement économique, retire l’armée du Liban et organise le retour de milliers de juifs éthiopiens.

Shamir prend à son tour les rênes du pays en 1986, il refuse l’idée d’une Conférence internationale et les ouvertures en direction du Roi Hussein. En 1987, l’option jordanienne s’est définitivement envolé.

En décembre de la même année, la révolte éclate dans les territoires, elle est durement combattu par Tsahal.

Cette guerre des pierres qui oppose des soldats à des civils est très controversée.

La situation s’enlise. En 1991, avec la crise puis la guerre du Golfe, les cartes sont redistribuées, l’OLP semble définitivement hors jeu et les scuds irakiens sur Tel-Aviv ont renforcé la position d’Israël.

Les Etats-Unis veulent à présent en finir avec le conflit israélo-arabe et mettent sur pied la Conférence de Madrid.

Le gouvernement israélien accepte mais entend ne rien lâcher.

LA CROISEE DES CHEMINS

Au début de 1992, alors que les négociations de Madrid piétinent, les relations entre les Etats-Unis et le gouvernement du Likoud se détériorent gravement.

Dans ce contexte, la victoire des travaillistes en juin 92 est aussi celle de Washington.

Le nouveau Premier Ministre Itzhak Rabin limite les implantations dans les territoires et relance la bataille de la Paix.

Le nouveau gouvernement reconnaît l’OLP et signe les accord de Washington en septembre 1993. L’espoir est là mais l’opposition de droite est virulente. En dépit des attentats islamiste, le processus continue. Le conflit entre droite et gauche atteint son paroxysme à l’automne 1995.

Le 4 novembre, Rabin est assassiné L’émotion est considérable dans le pays et dans le Monde.

Tsahal se redéploie des villes de Cisjordanie mais des attentats islamistes endeuillent le pays et les israéliens, épuisés par la violence, porte le Likoud au pouvoir en 1996.

Le nouveau premier Ministre, Benyamin Nétanyahou relance les implantations restreint le dialogue avec Arafat et tourne de plus en plus le dos à l’esprit des accords d’Oslo.

Cinquante ans après sa renaissance, L’État juif hésite sur son destin, à l’image d’un peuple plus divisé que jamais entre multiples minorités et entre laïc et religieux.

Ehud Barak ramène la gauche au pouvoir en 1999. Il finit par retirer Tsahal de la zone de sécurité au Liban mais malgré ses ouvertures à Camp David en juillet 2000, il ne peut éviter l’émiettement progressif de sa majorité et la colère des palestiniens qui éclate en octobre de cette année.

Dans l’opinion israélienne, c’est l’union nationale qui prévaut avec un retour au sentiment d’encerclement d’antan et le sentiment diffus d’avoir fait d’inutiles concessions aux palestiniens. L’esprit d’Olso est bien mort.

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