Humour

2018, OÙ QUAND L’ARCHE DE NOÉ EST COULÉE PAR L’ADMINISTRATION FRANÇAISE

En 2018 après Jésus-Christ, Dieu visite un nouveau Noé et lui dit : « Une fois encore, la terre est devenue invivable et surpeuplée. Construis une arche et rassemble un couple de chaque être vivant ainsi que quelques bons humains. Dans six mois, j’envoie la pluie durant quarante jours et quarante nuits, et je détruis tout ! »

Six mois plus tard, Dieu retourne visiter Noé et ne voit qu’une ébauche de construction navale. Mais, Noé, tu n’as pratiquement rien fait ! Demain il commence à pleuvoir !’

« Pardonne-moi, Tout-Puissant, j’ai fait tout mon possible mais les temps ont changé : j’ai essayé de bâtir l’arche mais il faut un permis de construire et l’inspecteur me fait des ennuis au sujet du système d’alarme anti-incendie.

Mes voisins ont créé une association parce que la construction de l’échafaudage dans ma cour viole le règlement de copropriété et obstrue leur vue. J’ai dû recourir à un conciliateur pour arriver à un accord.

L’Urbanisme m’a obligé à réaliser une étude de faisabilité et a déposé un mémoire sur les coûts des travaux nécessaires pour transporter l’arche jusqu’à la mer. Pas moyen de leur faire comprendre que la mer allait venir jusqu’à nous. Ils ont refusé de me croire.

La coupe du bois de construction navale s’est heurtée aux multiples associations pour la protection de l’environnement sous le triple motif que je contribuais à la déforestation, que mon autorisation donnée par les Eaux et Forêts n’avait pas de valeur aux yeux du ministère de l’Environnement, et que cela détruisait l’habitat de plusieurs espèces animales. J’ai pourtant expliqué qu’il s’agissait, au contraire de préserver ces espèces, rien n’y a fait.

J’avais à peine commencé à rassembler les couples d’animaux que la SPA et WWF me sont tombés sur le dos pour acte de cruauté envers les animaux puisque je les soustrayais contre leur gré à leur milieu naturel et que je les enfermais dans des pièces trop exiguës.

Ensuite, l’agence gouvernementale pour le développement durable a exigé une étude de l’impact sur l’environnement de ce fameux déluge.

Dans le même temps, je me débattais avec le ministère du Travail qui me reprochait de violer la législation en utilisant des travailleurs bénévoles. Je les avais embauchés car les syndicats m’avaient interdit d’employer mes propres  fils, disant que je ne devais employer que des travailleurs  hautement qualifiés et, dans tous les cas, syndiqués.

Enfin, le Fisc a saisi tous mes avoirs, prétextant que je me préparais à fuir illégalement le pays tandis que les douanes menaçaient de m’assigner devant les tribunaux pour « tentative de franchissement de frontière en possession d’espèces protégées ou reconnues comme dangereuses ».

Aussi, pardonne moi Tout-Puissant, mais j’ai manqué de persévérance et j’ai abandonné ce projet »…

Aussitôt les nuages se sont dissipés, un arc-en-ciel est apparu et le soleil a lui.

« Mais tu renonces à détruire le monde? », demanda Noé.
« Inutile, répondit Dieu, l’administration française est en train de s’en charger. »